Culture
Edgar Morin, le penseur de la complexité, est mort à 104 ans
Le sociologue et philosophe français Edgar Morin s’est éteint vendredi à 104 ans. Sa disparition suscite une vague d’hommages, de l’Élysée à La France…


Le sociologue et philosophe français Edgar Morin s’est éteint vendredi à 104 ans. Sa disparition suscite une vague d’hommages, de l’Élysée à La France insoumise, saluant un homme qui a traversé le siècle sans jamais cesser de penser.
Son épouse, Sabah Abouessalam Morin, a annoncé la nouvelle samedi. « Jusqu’à ses derniers jours, Edgar Morin est demeuré attentif au monde, aux autres et aux grands enjeux humains qui ont nourri sa pensée », écrit-elle dans un communiqué. Elle ajoute que le vide est immense, mais que son courage et son exigence morale continuent d’accompagner. Emmanuel Macron a vu en lui « l’humanisme fait personne » et a présenté ses condoléances au nom de la Nation. Le président a qualifié Morin de « penseur du siècle », un intellectuel dont l’œuvre dépasse largement les frontières françaises.
Les hommages sont venus de tous bords politiques. Jean-Luc Mélenchon a adressé un « salut ému » à cet « antifasciste, résistant, théoricien de la complexité », rappelant son engagement récent contre les violences à Gaza. François Hollande, qui avait cosigné un livre d’entretiens avec lui en 2012, a dit qu’il avait « traversé le siècle en l’éclairant ». L’ancien ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a salué un homme qui aimait confronter ses idées. Dominique de Villepin, lui, a retenu l’espérance d’une « politique de civilisation » que Morin lègue. Même la ministre de la Culture Catherine Pégard a célébré ce « combattant infatigable pour la liberté », qui voyait dans la « pensée complexe » un besoin vital.
Né Edgar Nahoum en 1921 à Paris, dans une famille juive originaire de Salonique, il rejoint la Résistance sous le pseudonyme de Morin après avoir adhéré au Parti communiste. Il en sera exclu plus tard, une expérience racontée dans son livre _Autocritique_. Refusant le cloisonnement des savoirs, il a mêlé histoire, philosophie et sciences dans une œuvre immense, dont _La Méthode_ en six volumes. Docteur honoris causa de 38 universités, auteur de dizaines d’ouvrages traduits dans le monde entier, il a aussi été au cœur d’une polémique pour une tribune jugée antisémite en 2002, avant d’être blanchi en cassation. Son dernier livre, _Y a-t-il des leçons de l’Histoire?_, est sorti en 2025. Jusqu’au bout, il est resté présent dans le débat public, depuis Montpellier où il vivait depuis quelques années.
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