Monde
L’ordre international miné par la primauté de la force

Le secrétaire général des Nations unies a lancé un avertissement solennel devant le Conseil des droits de l’homme, décrivant une érosion généralisée des principes fondamentaux au profit de rapports de puissance.
Antonio Guterres a dressé un constat sans concession de l’état du monde, pointant la progression d’une logique où la loi du plus fort tend à supplanter le droit international. Cette dynamique, selon lui, se manifeste par une offensive à grande échelle contre les droits humains, menée ouvertement et souvent avec une certaine ostentation par les puissants. Il a souligné que cette dérive stratégique et délibérée sacrifie les libertés fondamentales, fragilisant par ricochet l’ensemble de l’édifice social et politique.
Le chef de l’ONU a mis en garde contre les conséquences de cet affaiblissement, évoquant un univers où la souffrance à grande échelle devient acceptable, où les individus sont instrumentalisés et où les normes juridiques internationales sont perçues comme de simples obstacles. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a abondé dans ce sens, décrivant une compétition mondiale pour le pouvoir et les ressources d’une intensité inédite depuis des décennies, qui banalise le recours à la force et laisse les populations dans un sentiment d’impuissance.
Les technologies émergentes, et en particulier l’intelligence artificielle, ont été identifiées comme des amplificateurs de ces tendances négatives, servant trop souvent à réprimer, à creuser les inégalités et à discriminer les groupes vulnérables. Parallèlement, l’espace civique se contracte sous diverses pressions, qu’il s’agisse de l’emprisonnement de journalistes, de la restriction des activités des organisations non gouvernementales ou du recul des droits des femmes.
Le tableau présenté est celui d’une érosion des démocraties, marquée par le harcèlement des migrants, la stigmatisation des réfugiés, la diffamation des communautés LGBTIQ+ et la prise pour cible des minorités et des peuples autochtones. Dans ce discours, l’une de ses dernières allocutions majeures devant cette instance, Antonio Guterres a fait référence à plusieurs crises spécifiques, condamnant la répression des manifestations en Iran et appelant à mettre un terme aux pertes civiles en Ukraine. Il a également exprimé sa préoccupation quant à l’avenir de la solution à deux États dans le conflit israélo-palestinien.

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