Monde
L’Italie envisage un blocus maritime contesté pour freiner les flux migratoires

Des organisations humanitaires dénoncent une mesure qu’elles jugent illégale et dangereuse, susceptible d’aggraver les pertes en vies humaines en Méditerranée.
Le gouvernement italien a adopté un projet de loi autorisant la mise en place de blocus navals temporaires. Cette disposition, présentée comme un outil de défense des frontières, permettrait d’interdire l’accès aux eaux territoriales italiennes aux navires en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale. Le texte vise explicitement les situations de pression migratoire exceptionnelle.
Plusieurs organisations engagées dans le sauvetage en mer ont immédiatement exprimé leur vive opposition. Dans une déclaration commune, neuf ONG, parmi lesquelles SOS Humanity et Médecins Sans Frontières, estiment que cette législation cible délibérément les navires humanitaires. Elles affirment que son application entraînerait une violation du droit international maritime et des conventions sur le sauvetage, avec pour conséquence prévisible une hausse du nombre de décès.
Le projet, qui doit encore être examiné par le Parlement, laisse une large marge d’appréciation aux autorités pour déclencher un blocus. Des juristes spécialisés soulignent les risques juridiques d’une telle mesure, rappelant que le refoulement collectif de personnes en mer est interdit par le droit européen et les traités internationaux. Ils jugent problématique de lier ce dispositif à des phénomènes migratoires récurrents en Méditerranée.
Cette initiative législative s’inscrit dans la politique de fermeté promise par l’exécutif italien depuis son arrivée au pouvoir. Elle intervient peu après l’adoption par l’Union européenne de nouvelles règles durcissant sa politique migratoire, notamment sur l’externalisation du traitement des demandes d’asile. Le gouvernement défend cette approche comme une réponse nécessaire à la gestion des frontières et une concrétisation de ses engagements électoraux.

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