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Économie

L’Insee dévoile le premier chiffre de la croissance française pour 2026

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L’Institut national de la statistique publie ce jeudi l’estimation du produit intérieur brut pour les trois premiers mois de l’année, un indicateur clé pour évaluer la santé économique du pays avant l’onde de choc du conflit au Moyen-Orient.

L’attention des économistes se concentre sur ce premier trimestre, dont le poids arithmétique dans le calcul de la croissance annuelle est prépondérant. La question centrale est de savoir si l’activité était déjà en perte de vitesse avant le déclenchement des hostilités fin février, ou si elle affichait une certaine vigueur. Le gouvernement a déjà révisé à la baisse sa prévision pour l’ensemble de l’année, la ramenant à 0,9 %, un niveau comparable à celui anticipé par la Banque de France. Cette correction de 0,1 point reflète l’impact de la hausse des prix du pétrole et le regain d’incertitude qui pèse sur la demande intérieure privée.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a toutefois relativisé cette révision, la jugeant modeste au regard des ajustements attendus chez d’autres partenaires européens plus dépendants des importations énergétiques de la région. L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Portugal communiqueront également leurs chiffres ce jeudi, tout comme les États-Unis. Parallèlement, l’Insee doit publier l’indice des prix à la consommation pour le mois d’avril, après une nette accélération en mars liée au coût des hydrocarbures.

Dans sa dernière note de conjoncture, la Banque de France estimait que le conflit n’aurait eu qu’un impact limité sur l’activité des entreprises au premier trimestre, tablant sur une croissance trimestrielle dynamique pouvant atteindre 0,3 %. L’Insee s’était montré plus prudent en mars, réduisant sa prévision à 0,2 % pour les deux premiers trimestres, en raison de l’envolée du baril de Brent, dont le cours a doublé depuis décembre. Pour l’économiste Anthony Morlet-Lavidalie, la croissance était déjà atone avant la guerre, avec une estimation ne dépassant pas 0,1 % sur le trimestre.

Il souligne un décalage entre les enquêtes de conjoncture, basées sur le ressenti des ménages et des entreprises, et les données réelles publiées ultérieurement. Ainsi, malgré une légère amélioration de la confiance des ménages en février, leurs dépenses en biens ont chuté de 1,4 %, atteignant leur plus bas niveau en dix ans hors période pandémique. Le directeur des études économiques de l’Insee, Cédric Audenis, a confirmé que les indicateurs récents, notamment sur la consommation de biens et la production industrielle, confortent l’hypothèse d’une croissance qui subsiste mais se tasse.

L’économiste d’ING, Charlotte de Montpellier, prévoit une croissance annuelle de 0,7 %, mais estime que ce chiffre pourrait être inférieur si le conflit se prolonge. Le début du deuxième trimestre semble déjà affecté, avec un climat des affaires qui s’est nettement assombri en avril, retrouvant son niveau de juillet 2024, et une confiance des ménages qui a connu sa plus forte baisse depuis mars 2022.

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