Faits Divers
Le procès du « violeur de Tinder » révèle l’effondrement d’une victime après un shooting photographique


Une jeune femme a décrit devant la cour d’assises d’appel de Créteil les séquelles durables subies après une rencontre avec le photographe Salim Berrada, accusé de multiples agressions.
La première des dix-sept parties civiles à s’exprimer lors de ce procès en appel a livré un témoignage poignant. Elle a relaté les circonstances d’une rencontre organisée en 2015, alors qu’elle était âgée de 23 ans. Contactée via les réseaux sociaux par le photographe, elle avait accepté une séance photo dans son studio parisien, séduite par la qualité de son travail et confiante envers un professionnel qu’elle admirait.
Rapidement, les conditions de la rencontre ont basculé. Après avoir consommé un shot de vodka caramel offert par l’accusé, puis plusieurs verres de vin, la jeune femme a décrit une perte progressive de contrôle et des séquences de mémoire fragmentées. Elle se souvient de moments confus, d’images éparses et d’une incapacité physique à réagir, ses jambes refusant soudainement de la porter. L’homme aurait alors ironisé sur sa faible résistance à l’alcool.
Le récit s’est poursuivi avec la description d’un second épisode survenu alors qu’elle tentait de récupérer. Réveillée par des attouchements, elle est restée immobile, espérant malgré tout que la situation ne dégénérerait pas. Ces événements, selon ses termes, ont engendré un traumatisme profond et durable, affectant durablement sa santé psychique et son rapport aux autres.
Longtemps, elle a hésité à déposer plainte, pensant que le silence atténuerait la souffrance. Une tentative avortée au commissariat, où un fonctionnaire de police avait minimisé les faits, l’avait découragée. Elle a finalement sombré dans une période d’errance, marquée par une consommation excessive d’alcool et de substances, avant de trouver la force de saisir la justice.
Interrogé sur les quantités d’alcool servies ce jour-là, Salim Berrada a nié toute intention de nuire ou d’altérer le consentement de la plaignante. Il affirme n’avoir perçu aucun signe d’inconscience ou de non-consentement. L’accusé, déjà reconnu coupable en première instance de douze viols et trois agressions sexuelles, conteste l’ensemble des accusations et maintient que toutes les relations étaient consenties.
La cour d’assises de Paris l’avait condamné en 2024 à une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, accompagnée d’une obligation de quitter le territoire français. Le verdict en appel est attendu début octobre. La sentence pourrait être portée à vingt années d’emprisonnement.





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