Monde
Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba au bord du gouffre politique
L’homme politique, pourtant perçu comme un outsider prometteur il y a moins d’un an, voit son mandat vaciller après une série de revers électoraux et une impopularité grandissante.
Shigeru Ishiba, arrivé à la tête du gouvernement japonais en septembre dernier, traverse une période critique. Les récentes élections à la chambre haute du Parlement ont infligé un sérieux camouflet à sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD), et à son allié le Komeito. Selon les estimations, la coalition n’aurait remporté que 41 sièges sur les 125 en jeu, loin du seuil nécessaire pour conserver la majorité.
Cet échec électoral s’inscrit dans une succession de difficultés pour le chef du gouvernement. Élu à la cinquième tentative à la présidence du PLD, il avait initialement suscité un certain enthousiasme en raison de son expertise en matière de défense et de son image d’homme proche du peuple, passionné de trains et de culture populaire. Mais l’euphorie a vite laissé place à la désillusion.
Les élections législatives anticipées qu’il avait convoquées en octobre dernier ont marqué un tournant. Le PLD y a enregistré son plus mauvais score depuis quinze ans, perdant la majorité absolue à la chambre basse. Depuis, son gouvernement peine à faire avancer son agenda politique, notamment sur les questions économiques. L’inflation, en particulier la flambée des prix du riz, a contribué à éroder sa cote de popularité, tombée à 39 % selon un récent sondage.
Les critiques à son encontre se sont multipliées, alimentées par une série de maladresses. Qu’il s’agisse d’un costume mal ajusté lors d’une cérémonie officielle, d’un sommeil apparent pendant une séance parlementaire ou encore d’une vidéo le montrant dévorant une boulette de riz de manière peu élégante, ces incidents ont terni son image.
Sur le plan international, les relations avec les États-Unis se sont compliquées. Les négociations commerciales avec l’administration Trump, marquées par des droits de douane élevés sur les exportations japonaises, n’ont pas abouti. Contrairement à son prédécesseur Shinzo Abe, qui avait su nouer des liens étroits avec l’ancien président américain, Shigeru Ishiba peine à trouver un terrain d’entente.
Face à cette accumulation de défis, les spéculations sur un possible départ se renforcent. Le Premier ministre a toutefois affirmé qu’il assumerait ses responsabilités une fois les résultats définitifs connus. Reste à savoir si cette posture suffira à calmer les tensions au sein de son propre camp.
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