Économie
Le pionnier des vacances à la carte, Gérard Brémond, s’est éteint à 88 ans
Il a inventé un modèle qui a changé le tourisme en France. Gérard Brémond, le fondateur de Pierre & Vacances, est mort jeudi, laissant derrière lui un…


Il a inventé un modèle qui a changé le tourisme en France. Gérard Brémond, le fondateur de Pierre & Vacances, est mort jeudi, laissant derrière lui un empire bâti sur une idée simple et révolutionnaire.
Gérard Brémond avait une vision. Fils d’un promoteur immobilier, il a commencé par concevoir la station de ski d’Avoriaz dans les années 1960. Mais son vrai génie, c’est d’avoir imaginé la « nouvelle propriété ». Le principe est astucieux des particuliers achètent des appartements à prix réduits, les confient en location au groupe, et se réservent des droits de séjour. Ce concept a fait florès à la mer comme à la montagne, aux Ménuires, à Val-d’Isère, à Juan-les-Pins ou à Sainte-Maxime. En 1990, il ouvre le premier village Pierre & Vacances. Le groupe devient un poids lourd du tourisme hexagonal.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En 1997, il s’associe avec le géant Accor pour créer Adagio, des résidences urbaines. Puis il introduit Pierre & Vacances en Bourse en 1999. En 2003, il rachète Center Parcs. Le groupe, rebaptisé Pierre & Vacances-Center Parcs (PVCP), connaît une longue phase de croissance. Puis la crise du Covid-19 frappe de plein fouet. En 2022, pour éviter la faillite, un accord avec les créanciers et investisseurs est trouvé. Gérard Brémond perd alors le contrôle du groupe qu’il avait présidé pendant un demi-siècle. Lui-même qualifiait cet accord de restructuration indispensable après le cataclysme sanitaire.
Aujourd’hui, l’avenir de PVCP se joue ailleurs. Ces dernières semaines, une offre ferme de rachat est arrivée de la part du fonds émirati Mubadala Capital. La valorisation atteint environ un milliard d’euros. L’objectif est de sortir le groupe de la Bourse de Paris. Mais pour y parvenir, il faut réunir 80% du capital d’ici au 17 juillet. D’autres actionnaires doivent donc s’engager. L’an dernier, PVCP a généré près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et détient aussi la marque Maeva. Mi-2025, le groupe avait déjà annoncé une revue stratégique, n’excluant pas des évolutions actionnariales. Gérard Brémond, lui, est salué comme un esprit libre, passionné et curieux, l’un des entrepreneurs les plus créatifs de sa génération.
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