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Le pari risqué des banques françaises sur les prisons privées américaines

BNP Paribas et d’autres investisseurs hexagonaux ont placé des millions de dollars dans GEO Group, le géant de la rétention des migrants aux États-Unis.…

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Le pari risqué des banques françaises sur les prisons privées américaines

BNP Paribas et d’autres investisseurs hexagonaux ont placé des millions de dollars dans GEO Group, le géant de la rétention des migrants aux États-Unis. Un coup financier qui a mal vieilli, malgré la promesse de profits après la réélection de Donald Trump.

En 2019, BNP Paribas s’était engagée à ne plus financer les gestionnaires de prisons privées américaines. C’était après un scandale qui avait éclaboussé la banque, accusée d’investir dans GEO Group, l’un des deux principaux opérateurs de centres de détention pour migrants sans papiers. La promesse avait été solennelle, appuyée par une consultation interne et externe pour aligner les pratiques sur la politique du groupe.

Pourtant, fin 2024, la donne a changé. La réélection de Donald Trump a relancé les affaires pour GEO Group et son concurrent Corecivic. Le nouveau président a multiplié les expulsions de masse et ouvert de nouveaux camps de rétention. Résultat : les actions de GEO ont bondi de plus de 40 %. BNP Paribas et un autre investisseur français, Capital Fund Management (CFM), ont flairé l’occasion. Ils ont acheté un gros volume d’actions, espérant les revendre plus cher. La banque a même joué un rôle de facilitatrice auprès d’un créancier de GEO, et prêté de l’argent via des obligations gérées par sa branche de gestion d’actifs.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Le cours de l’action a chuté, passant de 30 dollars à 20 dollars en un an. BNP Paribas et CFM ont délesté leurs parts précipitamment. La première possédait 350 000 actions au premier trimestre 2025, puis 223 000 au second, et plus aucune au troisième. CFM, qui détenait environ 400 000 actions, a également tout vendu. Le Crédit agricole est aussi cité dans cette affaire, pour avoir investi plus de deux millions de dollars dans la dette d’un prestataire de l’ICE, la police anti-immigration américaine. La banque se défend en affirmant ne pas détenir d’actions de prisons privées pour son propre compte. Le pari était risqué, et les promesses de Trump n’ont pas suffi à garantir les profits.

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