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La présidente de la Cour pénale internationale refuse de voir les sanctions américaines enterrer la justice

La Japonaise Tomoko Akane dit s’attendre aux sanctions de Washington mais redoute un basculement de l’ordre juridique international. L’ONU, l’Europe et le…

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La présidente de la Cour pénale internationale refuse de voir les sanctions américaines enterrer la justice mondiale

La Japonaise Tomoko Akane dit s’attendre aux sanctions de Washington mais redoute un basculement de l’ordre juridique international. L’ONU, l’Europe et le Japon lui apportent un soutien massif.

Tomoko Akane ne cache pas son inquiétude. La présidente de la Cour pénale internationale a réagi aux sanctions prises par les États-Unis contre elle et contre Abdoulaye Seye, substitut du procureur. Dans un communiqué, elle affirme que ces mesures ne doivent pas ouvrir la porte à la disparition de l’État de droit international. Elle dit aussi ne pas être surprise de cette décision, qu’elle avait en partie anticipée.

Concrètement, les deux magistrats se voient interdire d’entrer sur le territoire américain. Leurs transactions immobilières et financières sont également bloquées dans la première économie mondiale. Washington justifie ces sanctions en disant que ces personnes ont participé à des enquêtes visant des responsables d’États qui ne reconnaissent pas la compétence de la Cour.

Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Le Haut-Commissariat de l’ONU demande la levée de ces sanctions, jugées inacceptables. La présidente de la Commission européenne et le président du Conseil européen affirment leur ferme soutien à Tomoko Akane et à son indépendance. Le Japon, pourtant allié de Washington et premier contributeur au budget de la Cour, déplore des mesures très regrettables. La France condamne toute menace contre la Cour et les organisations qui la soutiennent.

Derrière cette crise, il y a des enquêtes très sensibles. La CPI a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après la guerre à Gaza. Israël n’est pas membre de la Cour, pas plus que la Russie. Les États-Unis n’ont jamais ratifié le traité fondateur de la Cour, même s’ils l’ont signé. La Cour basée à La Haye juge les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression. Elle traverse aujourd’hui une période difficile, prise pour cible par une grande puissance. La question est simple. L’ordre juridique international peut-il résister quand un acteur central refuse de le reconnaître ?

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