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Hyundai tremble face à une grève inédite depuis dix ans

Les salariés de Hyundai ont dit stop pour la première fois en une décennie. Salaires, retraite, automatisation, le bras de fer avec la direction s’annonce…

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Hyundai tremble face à une grève inédite depuis dix ans

Les salariés de Hyundai ont dit stop pour la première fois en une décennie. Salaires, retraite, automatisation, le bras de fer avec la direction s’annonce rude.

Ce vendredi, les chaînes de montage de Hyundai ont tourné au ralenti en Corée du Sud. Le syndicat du constructeur a lancé un arrêt de travail général, une première depuis dix ans. Les négociations annuelles sur les salaires ont échoué, et la colère a débordé. Quelque 40.000 membres du syndicat étaient appelés à cesser le travail.

Les manifestants ne réclament pas seulement une hausse des primes. Ils veulent aussi un relèvement de l’âge de départ à la retraite et des garanties pour l’emploi face à l’irruption de l’intelligence artificielle. Des employés de Kia, la filiale de Hyundai, et de plusieurs équipementiers les ont rejoints devant le siège social à Séoul. Bandeaux rouges sur le front, ils ont scandé leur colère. Lee Jong-cheol, le dirigeant du syndicat, a lancé un message clair à la direction. Ceux qui ont fait la réussite du groupe depuis des décennies sont aujourd’hui menacés de basculer vers des contrats précaires. Le président sud-coréen Lee Jae-myung apporte lui aussi son soutien à la demande de relèvement de l’âge de la retraite.

La direction, elle, joue l’apaisement. Elle assure vouloir continuer à discuter et met en avant la nécessaire transition vers les mobilités de demain. Mais le contexte est lourd. Depuis fin juillet, des débrayages à répétition ont déjà coûté la production de plus de 55.000 véhicules, soit plus de 1,4 milliard d’euros. Hyundai a par ailleurs reconnu qu’il risque de rater ses objectifs de ventes mondiales cette année, tiraillé entre la concurrence chinoise en Europe et un marché sud-coréen en berne. Et la menace robotique n’arrange rien. Le groupe, propriétaire de Boston Dynamics, prévoit d’introduire des robots humanoïdes dans son usine américaine de Géorgie d’ici 2028. De quoi inquiéter non seulement les ouvriers, mais aussi les ingénieurs et les équipes de recherche. Le syndicat, lui, reste ouvert à une reprise du dialogue, mais prévient qu’il poursuivra le mouvement si la direction ne fait pas de propositions tournées vers l’avenir.

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