Économie
Le ministère de la Mer double le quota de pêche récréative du maquereau

Face au relèvement européen des captures professionnelles, la France autorise désormais dix poissons par jour et par pêcheur amateur, une décision qui intervient dans un contexte de fragilité avérée de l’espèce.
Le gouvernement a acté un relèvement significatif des prises autorisées pour les pêcheurs de loisirs. Un arrêté publié au Journal officiel fixe désormais à dix le nombre de maquereaux pouvant être capturés et détenus quotidiennement par personne sur les façades Atlantique, Manche et Mer du Nord. Cette mesure représente un doublement par rapport au plafond de cinq spécimens qui avait été envisagé en février dernier.
Cette révision est directement liée aux récentes décisions européennes. Alors qu’un accord en décembre prévoyait une réduction drastique des quotas professionnels pour 2026, les États membres sont revenus sur cette position en début de semaine. Ils ont finalement adopté une baisse de 48% des captures, une atténuation justifiée par la nécessité de s’aligner sur les niveaux pratiqués par le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et les Îles Féroé. Considérant cette évolution, l’exécutif français a jugé cohérent d’ajuster également le cadre de la pêche récréative, d’autant que les pratiquants avaient exprimé le souhait d’une hausse lors de la consultation publique.
La décision est cependant prise dans un contexte biologique préoccupant. Les populations de maquereaux de l’Atlantique Nord, affectées par le réchauffement climatique qui pousse l’espèce vers des latitudes plus septentrionales, subissent une pression halieutique intense. Les scientifiques estiment que le stock se situe désormais en deçà du seuil garantissant son renouvellement. L’instance scientifique de référence, le Conseil international pour l’exploration de la mer, préconisait pour 2026 un volume de captures totales nettement inférieur à celui qui vient d’être acté.
La ministre de la Mer a souligné son attention particulière à cette situation fragile. Elle a indiqué avoir plaidé au niveau européen pour une reprise des négociations avec tous les États côtiers, considérant cette coopération élargie comme la seule voie pour éviter une exploitation excessive de la ressource. La position française n’a pas consisté à s’opposer au relèvement des quotas, mais à appeler à une gestion concertée et durable de ce poisson migrateur.

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