Économie
Le Lot invente le rail écologique

Une usine innovante dans le département métamorphose le traitement des traverses ferroviaires grâce à un procédé plus respectueux de l’environnement, ouvrant la voie à leur valorisation future.
Dans le Lot, une installation récemment modernisée révolutionne la préservation des traverses de chemin de fer. Sur le site de Bretenoux-Biars, ces lourdes poutres en bois subissent désormais un traitement à base d’huiles cuivrées, une alternative moins nocive aux substances employées jusqu’à présent. Cette évolution technique marque une avancée significative dans la réduction de l’impact environnemental du réseau ferré.
Jadis imprégnées de créosote – un produit reconnu comme cancérogène et toxique –, ces pièces maîtresses de l’infrastructure ferroviaire constituaient, après leur remplacement, des déchets dangereux. Le nouveau procédé, déployé dans des cuves spécialement conçues, permet non seulement de prolonger leur durée de vie opérationnelle à trente-cinq ans environ, mais prépare également leur reconversion ultérieure dans des aménagements paysagers ou des ouvrages de soutènement.
Un investissement de 6,5 millions d’euros a été nécessaire pour adapter l’usine et généraliser cette méthode. La direction de SNCF Réseau souligne les qualités de cette huile cuivrée, présentée comme substantiellement moins toxique que son prédécesseur. Si des interrogations subsistent concernant le recyclage du cuivre, métal lourd, les spécialistes saluent cette transition écologique.
L’établissement lotois, qui produit annuellement 300 000 traverses – couvrant ainsi la majeure partie des besoins nationaux – s’inscrit dans une dynamique européenne. Le continent compte en effet un marché de deux millions de pièces en bois chaque année. Cette activité soutient parallèlement la filière sylvicole locale, le chêne des forêts environnantes étant séché, façonné puis imprégné selon un processus rigoureux.
Alors que les traverses en béton dominent désormais les lignes à grande vitesse, les modèles en bois conservent leur pertinence sur près de 15% du réseau, leur flexibilité et leur légèreté demeurant irremplaçables sur certains ouvrages d’art. Cette modernisation répond par ailleurs aux exigences réglementaires européennes, qui prévoient l’abandon complet de la créosote d’ici 2029. La France avait déjà restreint son usage dès 2019, ne maintenant qu’une dérogation pour les infrastructures ferroviaires et télécoms.

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