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Le hajj à La Mecque attire des pèlerins du monde entier malgré les tensions régionales

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Malgré les appels à la prudence émis par plusieurs gouvernements étrangers, des centaines de milliers de fidèles affluent vers La Mecque pour le grand pèlerinage annuel, portés par leur foi et la conviction de se trouver en sécurité.

Fadel, un Américain de 49 ans, ne regrette pas son voyage. « Nous sommes dans l’endroit le plus sûr au monde », affirme-t-il, alors que le Moyen-Orient traverse une période de fortes tensions. Il a choisi de se rendre au hajj malgré les recommandations des autorités américaines, qui conseillaient d’éviter ce déplacement cette année.

Le grand pèlerinage se déroule près de trois mois après une frappe israélo-américaine d’une ampleur inédite contre Téhéran, survenue le 28 février. En riposte, la République islamique d’Iran avait visé à plusieurs reprises ses voisins du Golfe, alliés de Washington, dont l’Arabie saoudite. Si une trêve est en vigueur depuis le 8 avril et que des négociations entre Téhéran et Washington se poursuivent pour mettre un terme définitif au conflit, le président américain Donald Trump n’exclut pas de nouvelles frappes sur l’Iran en l’absence d’accord.

« Même si la guerre était toujours en cours, je ne me serais pas désisté », confie Fadel, qui préfère ne pas dévoiler son identité complète. Le hajj, qui débute lundi, est l’un des cinq piliers de l’islam. Il impose une série de rites précis sur plusieurs jours à La Mecque et dans ses environs, et tout musulman qui en a les moyens doit l’accomplir au moins une fois dans sa vie.

L’ambassade des États-Unis à Ryad avait pourtant prévenu dès le mois dernier que la situation sécuritaire et les perturbations de voyage pouvaient justifier de reconsidérer la participation au pèlerinage. « Si le conflit reprenait, cela pourrait perturber le transport des pèlerins, qui risqueraient de se retrouver bloqués, créant des défis logistiques et d’accueil supplémentaires », explique Umer Karim, spécialiste de l’Arabie saoudite à l’université de Birmingham.

Sayed, un Australien de 47 ans, effectue son septième hajj. Il n’a eu « aucun doute à l’idée de venir », malgré les conseils de son gouvernement. « Quand vous êtes ici, vous placez votre foi en Dieu pour que tout se passe bien », assure-t-il, vêtu de blanc, devant la Grande Mosquée. Saïd Ammar, un Marocain de 57 ans, voit dans ce pèlerinage une occasion de prier pour « la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde islamique ».

Plus d’un million et demi de pèlerins sont déjà arrivés de l’étranger cette année, un chiffre supérieur à celui de l’an dernier alors que le hajj ne commence que lundi. Beaucoup portent des sacs ou des parapluies aux couleurs de leur pays, témoignant de la diversité des nationalités présentes. « C’est une chance qui ne se présente qu’une fois dans une vie et j’ai décidé de ne pas la laisser passer », confie Ibrahim Diab, un Allemand de 63 ans.

Certains, comme Imad Ahmad, un comptable britannique de 36 ans, avouent être « très anxieux ». Son voyage a d’ailleurs été brièvement interrompu mercredi en Jordanie, où l’armée a indiqué avoir abattu un drone non identifié dans son espace aérien.

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