Politique
Le grand ménage du sport français passe par l’Assemblée
Les députés débattent lundi d’une loi pour remettre de l’ordre dans la gouvernance du foot et des autres sports pros. Au menu : plafonnement des salaires…


Les députés débattent lundi d’une loi pour remettre de l’ordre dans la gouvernance du foot et des autres sports pros. Au menu : plafonnement des salaires, match gratuit à la télé et un nouveau pouvoir de sanction pour les fédérations.
C’est un match qui se joue à Paris, pas sur un terrain. L’Assemblée nationale examine un texte qui veut mettre fin aux dérives du sport professionnel. Le football est en première ligne, empêtré depuis des années dans une crise des droits télévisés, entre conflits avec Canal+, Mediapro ou DAZN. Mais la loi ne concerne pas que le ballon rond : rugby, basket, hand, cyclisme, tout le monde est concerné.
Le cœur de la réforme, c’est un renforcement du pouvoir des fédérations. Elles pourraient désormais retirer aux ligues professionnelles leur délégation de service public. Concrètement, si une ligue prend une décision qui met en danger les finances ou si elle est jugée défaillante, le ministre des Sports pourrait approuver ce retrait. Une épée de Damoclès qui inquiète Vincent Labrune, le patron de la Ligue de football professionnel. Il y voit un droit de vie ou de mort sur les ligues. De l’autre côté, les sénateurs à l’origine du texte parlent de mesures positives pour protéger tout l’écosystème, des petits clubs amateurs jusqu’aux équipes pros.
Parmi les autres points forts, la loi veut limiter la masse salariale d’un club à 65 % de son budget. Elle obligerait aussi la diffusion en clair d’au moins un match par semaine. Une idée qui fâche les grands présidents. Nasser Al-Khelaïfi (PSG) et Olivier Létang (Lille) sont montés au créneau dans une tribune, réclamant un report. Selon eux, ces règles risquent de faire fuir les investisseurs et de fragiliser l’attractivité du foot français face aux grandes ligues européennes. Les ligues et les acteurs du sport saluent pourtant la plupart des dispositions, mais ils restent inquiets sur le match gratuit et le rôle accordé aux supporters.
La multipropriété des clubs est un autre sujet brûlant. Comment encadrer un groupe comme BlueCo, propriétaire de Chelsea et du Racing Club de Strasbourg ? En commission, l’élu insoumis Éric Coquerel a fait voter un renforcement des pouvoirs de la DNCG, le gendarme financier des clubs. Mais une interdiction pure et simple d’avoir un club en France et un autre à l’étranger reste en suspens. Le vote a été très serré, et tout peut encore basculer dans l’hémicycle. Si le texte est adopté, il faudra encore trouver un accord avec le Sénat. La partie est loin d’être terminée.
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