Économie
Le gouvernement promet une relance de la politique de la ville


Le gouvernement s’engage à relancer la politique de la ville face à l’urgence sociale dans les quartiers prioritaires. Une série de consultations et un comité interministériel sont prévus pour définir les nouvelles orientations.
Le gouvernement a annoncé jeudi 13 mars 2025 la relance des concertations sur la politique de la ville, répondant ainsi à l’appel lancé par sept associations d’élus locaux. Ces derniers tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation accélérée des conditions de vie dans les quartiers prioritaires, où les inégalités territoriales et la précarité s’aggravent. Juliette Méadel, ministre déléguée à la Ville, a confirmé la tenue d’un comité interministériel des villes le 17 avril 2025 à Montpellier, sous l’égide du Premier ministre.
Ce comité, qui réunira l’ensemble des ministres concernés, vise à redéfinir les priorités en matière d’éducation, de sécurité, de logement, de santé, d’emploi et de cohésion sociale. Trois réunions préparatoires sont prévues : une avec le monde associatif le 17 mars, une autre avec les acteurs économiques et les bailleurs sociaux le 28 mars, et une dernière avec les associations d’élus le 3 avril. Ces consultations doivent permettre d’élaborer une feuille de route interministérielle pour réduire les inégalités entre les quartiers prioritaires et le reste du territoire.
Les élus locaux, réunis à Épinay-sous-Sénart, ont exprimé leur inquiétude face à la paupérisation croissante des 5,7 millions d’habitants des quartiers prioritaires, accentuée par la crise du Covid-19. Damien Allouch, maire PS d’Épinay, a souligné l’urgence d’agir, avertissant que « si rien ne change, l’extrême droite pourrait prendre le pouvoir ». Gilles Leproust, président de Ville et Banlieue, a quant à lui insisté sur la nécessité de garantir l’accès aux mêmes droits et services pour tous les citoyens, conformément au principe de droit commun.
Dans un contexte budgétaire tendu, les élus craignent également un affaiblissement des financements pour la rénovation urbaine, portée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Valérie Létard, ministre du Logement, a annoncé qu’elle se rendrait à Bruxelles fin mars pour explorer de nouvelles sources de financement. Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Ville, a pour sa part dénoncé une situation où « tout se déglingue », mettant en garde contre un possible démantèlement d’Action Logement, principal financeur des programmes de rénovation.
Juliette Méadel a réaffirmé trois priorités pour son mandat : améliorer le cadre de vie dans les HLM, renforcer les dispositifs éducatifs et psychologiques pour les jeunes, et soutenir le développement économique des quartiers, notamment par le biais du micro-crédit pour les femmes. Elle a également reconnu que les 84 mesures annoncées lors du dernier comité interministériel n’avaient pas toutes été mises en œuvre, privilégiant désormais une approche plus ciblée.
Cette relance de la politique de la ville intervient dans un contexte de tensions sociales croissantes, où les habitants des quartiers prioritaires réclament des réponses concrètes et rapides. Les prochains mois seront déterminants pour juger de l’efficacité des mesures annoncées et de leur capacité à inverser la tendance.





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