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Le Festival d’Avignon fête ses 80 ans entre éclats de scène et coupes budgétaires

Pour sa 80e édition, le grand rendez-vous du théâtre mondial mêle créations audacieuses, mise en lumière de la Corée et inquiétudes sur l’avenir du…

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Le Festival d'Avignon fête ses 80 ans entre éclats de scène et coupes budgétaires

Pour sa 80e édition, le grand rendez-vous du théâtre mondial mêle créations audacieuses, mise en lumière de la Corée et inquiétudes sur l’avenir du spectacle vivant. Pendant trois semaines, la cité papale devient un laboratoire géant de l’art contemporain.

Samedi, la Cour d’honneur du Palais des papes a vibré au son d’un spectacle-fleuve de cinq heures. Julien Gosselin, directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, y a déployé « Maldoror », une fiction nourrie de l’écrivain chilien Roberto Bolaño et des poèmes de Lautréamont. Le metteur en scène y explore cette idée que sous la beauté peut se cacher l’horreur. Une question qui traverse toute la programmation de cette édition. Car le festival affiche une diversité inédite. Pour la première fois, les metteuses en scène sont majoritaires. 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs composent l’affiche. Les artistes viennent du monde entier, du Brésil à l’Égypte en passant par la Belgique. Et la Corée est à l’honneur avec une vingtaine de pour cent des spectacles inspirés de sa culture, du théâtre traditionnel au pansori. La prix Nobel de littérature Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet, avec deux spectacles créés autour de son œuvre.

Mais derrière cette effervescence artistique, une ombre plane. À la veille de l’ouverture, plusieurs organisations professionnelles ont écrit à Emmanuel Macron pour alerter sur la situation budgétaire. L’État a gelé les crédits prévus pour le second semestre de 28 structures du spectacle vivant, dont des opéras, des théâtres parisiens et des orchestres. Le ministère de la Culture reconnaît ce gel mais promet que ce n’est pas une suppression définitive. Une partie des crédits sera versée dès la semaine prochaine. Pourtant, le secteur est fragilisé. Les compagnies, les collectivités et les institutions se retrouvent dans une incertitude qui pèse lourd sur la création.

En parallèle du festival officiel, le Off déploie sa démesure. 1.400 compagnies investissent 141 théâtres de la ville pour 1.780 spectacles, soit 27.000 représentations. C’est un marché gigantesque du spectacle vivant, un poumon économique pour des centaines d’artistes. Mais cette année, la fête est aussi un chantier de réflexion. Des assises sont organisées sur trois jours pour discuter des réalités économiques, des métiers et des conditions de diffusion. Le secteur cherche des solutions face aux coupes budgétaires de l’État et des collectivités. Le débat se poursuivra jusqu’en 2027. Entre les planches et les inquiétudes, Avignon continue d’incarner un théâtre qui questionne le monde, y compris son propre avenir.

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