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Le cinéma comme témoin de l’Iran opprimé

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L’équipe du film « Roya » a lancé un appel poignant depuis Berlin pour que le monde ne détourne pas le regard du sort des Iraniens, alors que les exécutions et les arrestations politiques se multiplient dans le pays.

La réalisatrice iranienne Mahnaz Mohammadi a présenté mercredi son long-métrage « Roya » dans une salle de cinéma berlinoise, en marge de l’avant-première allemande. Ce film, déjà projeté à la Berlinale en février, plonge le spectateur dans l’univers carcéral de la tristement célèbre prison d’Evine à Téhéran. Il s’ouvre sur une scène de tortures physiques et psychologiques infligées à l’héroïne, Roya. Pour Mahnaz Mohammadi, l’existence du peuple iranien aujourd’hui est comparable à celle de son personnage principal. Elle décrit une situation intenable.

Tourné principalement en Géorgie et en partie clandestinement en Iran, le film puise directement dans l’expérience personnelle de la cinéaste. Militante des droits humains, elle a été emprisonnée à six ou sept reprises au cours des vingt dernières années, notamment à Evine. Son producteur, Farzad Pak, a insisté sur le fait que « Roya » ne représente qu’un aperçu de la réalité actuelle en Iran. Selon le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, vingt et une personnes ont été exécutées et plus de quatre mille autres arrêtées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Farzad Pak a lancé un appel à la vigilance, soulignant que des milliers de personnes croupissent en prison et attendent leur exécution. Il a supplié le public de ne pas oublier l’Iran. L’actrice Maryam Palizban a renchéri, estimant qu’il est essentiel de voir ce film à un moment où tant de gens sont absorbés par d’autres préoccupations et oublient ce qui se passe dans les prisons iraniennes. Mahnaz Mohammadi a révélé avoir été forcée d’assister à plusieurs pendaisons, ajoutant que des exécutions ont lieu toutes les quatre à six heures, sans que justice ne soit rendue.

Les organisations non gouvernementales Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort ont récemment indiqué que les autorités iraniennes ont exécuté au moins mille six cent trente-neuf personnes en 2025, un record depuis 1989. Cette tendance pourrait s’aggraver si la République islamique survit à la crise actuelle. Malgré tout, la réalisatrice affirme que les Iraniens, bien qu’épuisés, conservent l’espoir d’un lendemain sans la République islamique, une perspective qui leur permet de supporter la situation présente. Le film sortira dans les salles allemandes le 7 mai.

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