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Des militants de la flottille pour Gaza finalement débarqués en Grèce

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L’accord entre Jérusalem et Athènes prévoit que les 175 personnes interceptées en mer soient remises aux autorités grecques, après une première annonce israélienne évoquant un transfert vers l’État hébreu.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a indiqué jeudi que les militants propalestiniens arrêtés au large de la Crète seraient finalement conduits en Grèce. Cette décision fait suite à une entente avec le gouvernement grec, a précisé Gidéon Saar sur le réseau social X, en remerciant Athènes pour sa disposition à accueillir les participants de cette expédition maritime. Les autorités helléniques n’avaient pas encore officiellement commenté cette annonce dans l’immédiat.

Israël avait d’abord affirmé que les 175 personnes interpellées sur une vingtaine de bateaux, très éloignées des côtes israéliennes, étaient en route vers son territoire. Mais le chef de la diplomatie israélienne a rectifié en expliquant que les civils transférés des navires de la flottille vers un bâtiment israélien seraient débarqués dans les prochaines heures sur les côtes grecques. Cette opération intervient après que plusieurs capitales européennes, comptant des ressortissants parmi les personnes arrêtées, ont exprimé leur vive préoccupation.

Rome et Berlin ont fait part de leur inquiétude, tandis que Madrid a condamné fermement l’arraisonnement. Paris a appelé toutes les parties à respecter le droit international, sans préciser lesquelles. La France a annoncé que quinze de ses ressortissants figuraient parmi les personnes interpellées. L’Italie a réclamé la libération immédiate de tous ses citoyens illégalement détenus, selon l’agence de presse Ansa, qui en dénombre vingt-quatre.

Un précédent voyage de la Flottille mondiale Sumud pour la bande de Gaza, en 2025, avait déjà attiré l’attention internationale. Plusieurs centaines de militants, parmi lesquels la militante suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan, avaient alors été arrêtés en mer, transférés en Israël puis expulsés après avoir dénoncé des mauvais traitements en détention, accusations démenties par les autorités israéliennes.

Les participants à cette nouvelle expédition affirmaient vouloir briser le blocus de Gaza et apporter une aide humanitaire à ce territoire palestinien, dont l’accès reste largement restreint malgré un fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en vigueur depuis octobre. Les organisateurs ont rapporté que leurs bateaux avaient été abordés dans la nuit par des militaires se présentant comme israéliens, qui auraient pointé des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques, ordonnant aux occupants de se rassembler à l’avant et de se mettre à quatre pattes. L’une des participantes, Yasmine Scola, a dénoncé un enlèvement par Israël lors d’une visioconférence de presse, précisant que le navire sur lequel elle se trouve transporte du matériel scolaire et de la nourriture.

De leur côté, les autorités israéliennes ont affirmé n’avoir trouvé que des préservatifs et de la cocaïne sur les bateaux, ajoutant que les militants s’amusaient sur le pont après leur capture. Une vidéo diffusée par l’armée israélienne montre des personnes faisant la roue ou formant des pyramides humaines. La flottille, initialement composée de plus de cinquante bateaux partis de Marseille, Barcelone et Syracuse ces dernières semaines, compte encore une vingtaine d’embarcations en route au large de la Crète.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a justifié l’opération en la présentant comme menée dans les eaux internationales, pacifiquement et sans faire de victime. Il a souligné la nécessité d’une action précoce en raison du grand nombre d’embarcations, du risque d’escalade et de l’obligation d’empêcher la violation d’un blocus qualifié de légal. Amnesty International a au contraire estimé que cette intervention démontrait jusqu’où Israël était prêt à aller pour maintenir un blocus cruel et illégal. La bande de Gaza, gouvernée par le Hamas, est soumise à un blocus israélien depuis 2007. La guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste en Israël le 7 octobre 2023 a provoqué de graves pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant. Depuis le cessez-le-feu précaire d’octobre, l’armée israélienne contrôle plus de la moitié de ce petit territoire côtier.

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