Monde
Après la secousse, les secouristes colombiens refusent de rendre les armes
Des centaines de morts après un violent tremblement de terre. Mais dans les gravats, des volontaires cherchent encore des vies.


Des centaines de morts après un violent tremblement de terre. Mais dans les gravats, des volontaires cherchent encore des vies.
Une semaine après le séisme de magnitude 7,4 qui a ravagé une partie de la Colombie, les pelleteuses et les grues continuent de grignoter les montagnes de béton effondré. Les chances de retrouver des survivants sont infimes, mais sur le terrain, des équipes de secours, épuisées, refusent de lâcher prise. Le bilan dépasse déjà les 280 morts, et près de 2 000 blessés sont à déplorer selon les autorités locales. À Cali, épicentre humain de la catastrophe avec 111 victimes, un immeuble de cinq étages s’est écroulé comme un château de cartes. Un secouriste y a peint un grand « V » rouge barré d’un trait, le symbole qui signifie que les recherches ont officiellement pris fin dans cette zone. Mais Juan Carlos Tabares, professeur de 58 ans, et son équipe de volontaires nommée « Valencia », n’acceptent pas cette sentence. « On nous dit que trop de jours ont passé, mais on continue à chercher des vies. On veut garder espoir », confie-t-il, alors que plus d’une centaine de personnes restent introuvables.
Dans les rues de Cali, les scènes de désespoir et de solidarité se mêlent. Une habitante fouille inlassablement les décombres de sa maison, non pas pour retrouver des proches, mais son chien Lucky. Des voisins disent avoir entendu l’animal gémir sous les ruines. Les pompiers ont donc placé des microphones spéciaux dans les interstices du bâtiment effondré pour tenter de capter un signe de vie. « Il n’y a pas de survivants humains, mais des habitants du quartier affirment avoir entendu Lucky pleurer pendant la nuit. On a lancé un appel aux volontaires », raconte Cristian Moreno, pompier de 32 ans. Un détail minuscule face à l’ampleur de la tâche, mais qui dit beaucoup de l’état d’esprit qui anime ceux qui creusent encore.
Le pays, lui, doit déjà penser à l’après. Le maire de Cali, Alejandro Eder, évalue les travaux de reconstruction de la troisième ville du pays à au moins 3,2 milliards de dollars. Des fonds commencent à affluer depuis les États-Unis et la Banque mondiale, mais cela ne suffira pas. Le séisme est survenu quelques heures seulement après la prise de fonction du nouveau gouvernement d’Abelardo de la Espriella, un dirigeant d’extrême droite. Ce dernier a d’ailleurs demandé samedi à Donald Trump une suspension temporaire des droits de douane pour alléger la pression économique sur un pays touché en plein cœur par la catastrophe. Dans la région productrice de café, l’ouest du pays paie le plus lourd tribut. À Pereira, la ville est presque entièrement détruite. Le ministre de l’Intérieur Rodrigo Lara a exhorté les commerçants à mettre leurs engins à disposition pour déblayer les décombres, où des personnes sont encore piégées. Partout, les bâtiments fragilisés sont marqués d’une croix rouge pour interdire l’accès aux passants. Mais tant que des vies peuvent encore battre sous la poussière, des Colombiens creusent.
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