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Les Landes retiennent leur souffle face à un incendie enfin stable

L’incendie qui ravage le massif landais depuis trois jours marque une pause. Les secours concentrent maintenant leurs efforts sur le terrain pour…

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Les Landes retiennent leur souffle face à un incendie enfin stable

L’incendie qui ravage le massif landais depuis trois jours marque une pause. Les secours concentrent maintenant leurs efforts sur le terrain pour verrouiller les lisières.

Le feu qui court dans les Landes depuis trois jours est enfin considéré comme stable. Les pompiers changent de tactique et privilégient les attaques au sol. Leur objectif est d’abord de sécuriser les bords de l’incendie avant de s’attaquer au cœur du sinistre. « Il va falloir être chirurgical et attaquer la moindre fumerolle », prévient Ramuntxo Recarte, le président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers landais. Une opération qui demande beaucoup d’énergie, alors que des centaines d’hommes sont encore mobilisés.

La météo joue enfin en faveur des secours. L’humidité est revenue et les températures ont chuté, avec 28 degrés attendus dans l’après-midi contre 40 degrés au moment du départ de feu jeudi. Cette accalmie a permis d’éviter toute reprise majeure pendant la nuit. La surface brûlée est désormais estimée à 1.700 hectares, mais le préfet des Landes, Gilles Clavreul, précise qu’il s’agit d’une réévaluation par cartographie et non d’une progression des flammes. Le ciel, lui, devrait se faire plus discret. Après les rotations incessantes des Canadair, des Dash et du Chinook prêté par l’Australie samedi, les vols seront nettement moins nombreux. C’est plutôt un bon signe.

Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Dans la salle des fêtes de Luglon, transformée en base arrière, l’organisation est millimétrée pour nourrir 550 pompiers et des dizaines de bénévoles. Laetitia, bénévole à la protection civile, a fait une heure et demie de route pour venir aider par solidarité. « Pourvu que ça tienne », souffle-t-elle. Autour de Luglon, des agents communaux, des élus et des bénévoles de la Défense des forêts contre les incendies noient les reprises sur les lisières encore chaudes avec des pick-up équipés de citernes.

Certains habitants refusent de quitter leurs maisons. Gérard Uriona, 75 ans, retraité et bénévole de la DFCI, n’a pas évacué pour sauver son habitation. « On a bossé comme des monstres toute la nuit », dit-il. « Ça fait trois jours qu’on ne dort pas. Le sol est encore chaud, il peut repartir à tout moment. » Dans le camping de Sabres, qui accueille les évacués de Luglon et de Garein, le soulagement est réel mais l’exaspération monte. Les gens commencent à s’impatienter, confie le gérant. Le préfet reste prudent. Il est encore trop tôt pour autoriser le retour des quelque 650 personnes évacuées.

Cet incendie est le troisième d’ampleur de l’été dans le massif des Landes de Gascogne, après ceux de Biscarrosse et de Saumos en Gironde. Ce dernier avait nécessité l’évacuation de 220.000 personnes. Le gouvernement doit d’ailleurs se rendre lundi en Gironde pour lancer le chantier de la reconstruction. La France n’en finit pas de brûler. Avec près de 100.000 hectares partis en fumée selon le système européen de surveillance des feux, la saison bat déjà des records. La sécheresse frappe aussi ailleurs, comme dans les Ardennes où une centaine d’hectares sont partis en fumée, ou en Belgique, confrontée à l’un des plus grands incendies de son histoire avec environ 3.000 hectares ravagés près de l’Allemagne.

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