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Culture

La Biennale de Venise plongée dans la crise après la démission de son jury

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Le jury international de la prochaine édition de la Biennale d’art contemporain de Venise a présenté sa démission collective, jeudi, en réaction à la décision des organisateurs d’autoriser la participation de la Russie, une mesure vivement contestée par l’Union européenne.

L’ensemble des membres du jury de la 61e Exposition internationale d’art, prévue du 9 mai au 22 novembre, a quitté ses fonctions après que les organisateurs ont maintenu la présence russe, malgré les critiques. Une semaine plus tôt, ce même jury avait annoncé son intention d’exclure la Russie et Israël de la compétition pour les prix, invoquant les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de leurs dirigeants. Vladimir Poutine est visé pour le crime de guerre présumé de déportation illégale d’enfants ukrainiens, tandis que Benjamin Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.

La Biennale, considérée comme la plus grande exposition d’art au monde, avait précédemment indiqué que le jury s’abstiendrait d’évaluer les œuvres des pays dont les dirigeants sont inculpés par la CPI. À la suite de la démission, les organisateurs ont annoncé que la cérémonie de remise des prix serait déplacée au 22 novembre, au lieu du 9 mai, et que deux récompenses seraient décernées. L’un des deux prix pourra être attribué aux participations nationales figurant sur la liste officielle de l’exposition, incluant la Russie, conformément au principe d’inclusion et d’égalité de traitement.

Dans un communiqué, les organisateurs ont justifié cette approche par la vocation originelle de la Biennale, fondée sur l’ouverture, le dialogue et le rejet de toute forme de fermeture ou de censure. Ils ont souligné que l’événement se veut un lieu de trêve au nom de l’art, de la culture et de la liberté artistique. L’annonce de la participation russe, faite début mars, avait suscité une vive réaction de l’Ukraine et de l’Union européenne, Bruxelles allant jusqu’à menacer de suspendre ses financements.

Le gouvernement italien, par l’intermédiaire de son ministère de la Culture, a précisé que cette décision avait été prise en toute indépendance par la Biennale, en dépit de son opposition. La Première ministre Giorgia Meloni a réaffirmé jeudi son désaccord avec ce choix, tout en rappelant le caractère autonome de l’institution. Près de quarante artistes russes doivent exposer dans le cadre de l’installation intitulée *The tree is rooted in the sky*, présentée au pavillon russe, situé dans les jardins de la Biennale.

Des artistes ukrainiens et bélarusses, ainsi que des créateurs iraniens, israéliens et américains, figureront également au programme. En 2022, la Biennale avait interdit toute participation liée au gouvernement russe pour protester contre l’invasion de l’Ukraine, et la Russie était absente de l’édition 2024. Aujourd’hui, la Biennale de Venise demeure, avec la Documenta de Cassel en Allemagne, l’un des rendez-vous majeurs de l’art contemporain, attirant plus de six cent mille visiteurs sur six mois.

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