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Économie

Un Boeing d’American Airlines relie Miami à Caracas pour la première fois depuis 2019

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Ce vol direct marque une avancée majeure dans le rapprochement entre Washington et le gouvernement intérimaire vénézuélien, après la capture de l’ancien président Nicolás Maduro.

Jeudi après-midi, un appareil d’Envoy Air, filiale régionale d’American Airlines, s’est posé sur le tarmac de l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía, dans la banlieue de Caracas. Parti de Miami en début de journée, ce vol 3599 transportait des hommes d’affaires, des responsables américains et une délégation de journalistes. À son arrivée, l’appareil a reçu le traditionnel jet d’eau des pompiers, symbole de l’inauguration d’une liaison. Une foule d’officiels vénézuéliens et américains attendait les passagers, tandis que de nombreux voyageurs immortalisaient l’instant en selfies.

Cette reprise des liaisons aériennes directes met fin à sept années de rupture, interrompues depuis la crise diplomatique de 2019. Elle s’inscrit dans le processus de normalisation des relations bilatérales engagé après l’arrestation de Nicolás Maduro, le 3 janvier dernier, lors d’une opération menée par les forces spéciales américaines à Caracas. Depuis, Washington et l’administration intérimaire dirigée par Delcy Rodríguez multiplient les gestes de rapprochement. Le président Donald Trump assouplit progressivement les sanctions qui frappaient le Venezuela, tandis que Caracas a adopté de nouvelles législations dans les secteurs pétrolier et minier, ouvrant ces domaines stratégiques aux investissements privés.

Le chef de la mission diplomatique américaine au Venezuela, John Barrett, a salué une « étape historique » depuis l’aéroport de Maiquetía. « Nous envoyons un signal clair au marché mondial : le Venezuela est ouvert aux affaires. Ce vol rétablit une artère commerciale essentielle entre nos deux pays », a-t-il déclaré. Envoy Air prévoit désormais une rotation quotidienne vers la Floride, où réside une importante diaspora vénézuélienne estimée à quelque 250 000 personnes. La compagnie locale Laser Airlines doit proposer la même liaison à partir du 1er mai.

Le prix du billet pour ce vol inaugural atteignait 3 000 dollars, mais les tarifs devraient baisser avec l’augmentation de l’offre, notamment vers le Texas pétrolier ou la ville de Maracaibo. Pour les voyageurs, le gain de temps est considérable. Oscar Fuentes, avocat de 64 ans, se réjouit de pouvoir désormais rejoindre Houston sans escale. « Avant, je devais passer par Punta Cana, puis Fort Lauderdale. Ce soir, je dormirai chez moi », confie-t-il. Barbara Centeno, spécialiste en ressources humaines de 36 ans, qui se rend régulièrement au Venezuela pour des soins médicaux, souligne que les trajets de huit heures sont désormais réduits de moitié. Claudia Varesano, une passagère de 44 ans partie de Miami, propriétaire d’entreprises au Venezuela, abonde : « Un vol de trois heures devenait une expédition de huit heures. Aujourd’hui, je peux aller à Caracas, prendre mon petit-déjeuner et revenir. »

Malgré cette ouverture, le département d’État américain continue de déconseiller à ses ressortissants de se rendre au Venezuela, comme le rappelle son dernier avis de voyage daté du 19 mars. De son côté, la ministre vénézuélienne des Transports, Jacqueline Faria, a accueilli avec enthousiasme ce retour des compagnies nord-américaines. « Les lignes européennes sont déjà revenues. L’Amérique du Nord arrive. Nous espérons accueillir plus de 100 000 passagers par an », a-t-elle déclaré, alors que le pays sort peu à peu de son isolement diplomatique et économique.

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