Monde
L’armée syrienne proclame la fin des combats à Alep, les forces kurdes s’insurgent

Les autorités de Damas affirment avoir mis un terme à leur offensive dans le dernier réduit kurde de la métropole du nord. Les combattants des Unités de protection démentent catégoriquement cette annonce et poursuivent la résistance.
Un communiqué de l’état-major syrien, diffusé par l’agence officielle Sana, a indiqué que les opérations militaires dans le secteur de Cheikh Maqsoud avaient pris fin. L’armée assure avoir repris le contrôle de cette zone et évoque le transfert prochain des combattants kurdes vers la région de Tabqa, dans le nord-est du pays. Cette déclaration intervient après plusieurs jours d’hostilités intenses ayant secoué la ville, marquant les tensions les plus vives depuis le changement de régime.
Les représentants des forces kurdes ont immédiatement rejeté ces affirmations, les qualifiant d’infondées. Ils soutiennent que les affrontements se poursuivent et que leurs positions tiennent toujours. Des témoignages sur place font état de tirs sporadiques entendus dans l’après-midi, contredisant l’annonce d’un cessez-le-feu. Plus tôt dans la journée, des éléments de l’armée régulière étaient entrés dans le quartier et procédaient à l’évacuation de civils pris au piège des habitations.
Le bilan humain de ces violences s’alourdit, avec au moins vingt-et-un civils tués depuis le début de la semaine. Les déplacements de population sont considérables, concernant environ cent cinquante-cinq mille personnes, majoritairement des résidents des enclaves kurdes. Vendredi, des couloirs sécurisés avaient été ouverts pour permettre l’exfiltration des habitants, dont certains ont été observés quittant les lieux sous la pluie, emportant leurs effets personnels.
Ces événements surviennent dans un contexte de fragilité des accords conclus en mars dernier, visant à intégrer les structures administratives kurdes et leurs forces de sécurité au sein du nouvel État. Damas avait sommé les combattants de quitter Alep, leur promettant un passage sûr vers les territoires du nord-est sous influence des Forces démocratiques syriennes. Une proposition restée sans suite, les défenseurs de Cheikh Maqsoud ayant refusé de déposer les armes.
Une responsable kurde de haut rang avait, la veille, conditionné tout éventuel retrait au maintien d’une force de protection locale pour les civils kurdes, soulignant l’attachement de sa formation aux termes des négociations. Parallèlement, la diplomatie américaine a réaffirmé son engagement à œuvrer pour un retrait pacifique des combattants et la sécurité des populations civiles, à l’issue d’une rencontre en Jordanie.
La situation à Alep illustre les difficultés persistantes de la réconciliation nationale et la complexité des équilibres militaires sur le terrain, dans un pays toujours en proie à des fractures profondes.

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