Monde
L’armée soudanaise concède la perte d’el-Facher face aux paramilitaires


La chute de cette place forte stratégique du Darfour s’accompagne de violences généralisées et provoque l’inquiétude des organisations internationales face à une crise humanitaire d’ampleur.
Les forces armées soudanaises ont officiellement reconnu leur retrait de la ville d’el-Facher, dernier bastion du Darfour qui résistait encore aux paramilitaires des Forces de soutien rapide. Cette annonce intervient après dix-huit mois de siège et marque un tournant décisif dans le conflit qui déchire le pays depuis avril 2023. Le général Abdel Fattah al-Burhane a confirmé le repli de ses troupes tout en promettant une poursuite des hostilités pour « purifier cette terre ».
Les Nations unies ont exprimé une vive préoccupation face aux informations faisant état d’exactions contre les populations civiles. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme évoque une situation extrêmement précaire et redoute une recrudescence de violences à caractère ethnique. Plusieurs témoignages font notamment mention d’exécutions sommaires perpétrées par des combattants. Une vidéo authentifiée montre ainsi un paramilitaire abattant à bout portant un groupe de personnes désarmées.
La prise d’el-Facher permet aux Forces de soutien rapide d’étendre leur emprise sur l’ensemble du Darfour, où elles administrent déjà un territoire en concurrence avec le gouvernement central réfugié à Port-Soudan. Cette avancée renforce les craintes d’une partition durable du pays, selon plusieurs observateurs. Le secrétaire général des Nations unies a mis en garde contre une escalade dramatique du conflit, qualifiant le niveau de souffrance de la population d’intolérable.
Sur le terrain, la situation humanitaire se dégrade rapidement. Les réseaux de communication ont été coupés, isolant la ville du reste du monde. Le seul hôpital encore partiellement opérationnel a été attaqué, causant la mort d’une infirmière et blessant trois soignants. Les organisations humanitaires se disent dans l’incapacité de fournir une assistance aux habitants, qui manquent de tout. Plus d’un million de personnes ont fui la zone depuis le début des combats, et les déplacements continuent à un rythme accéléré.
Les équipes médicales présentes dans les localités voisines signalent un afflux massif de blessés en provenance d’el-Facher, submergeant des structures sanitaires déjà débordées. Le syndicat des journalistes soudanais s’est dit profondément inquiet pour la sécurité des professionnels des médias restés sur place. Dans ce contexte, les paramilitaires affirment avoir déployé des équipes pour sécuriser la ville et protéger les civils, tandis que des organisations de défense des droits humains dénoncent des pratiques systématiques pouvant s’apparenter à des crimes de guerre.





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