Monde
L’ancienne Première ministre bangladaise face à la justice


_**La justice bangladaise s’apprête à rendre un verdict historique dans le procès de l’ex-cheffe du gouvernement, exilée en Inde et jugée par contumace pour sa responsabilité présumée dans la répression meurtrière de l’été 2024.**_
Le tribunal de Dacca doit se prononcer ce lundi sur le sort de Sheikh Hasina, ancienne Première ministre en fuite, poursuivie pour crimes contre l’humanité. L’octogénaire, qui a dirigé le pays pendant quinze ans, encourt la peine capitale pour son implication présumée dans la violente suppression des manifestations ayant entraîné sa chute. Les accusations portent sur des événements survenus en juillet et août 2024, au cours desquels plus de 1 400 personnes, majoritairement des civils, ont perdu la vie selon les estimations des Nations unies.
La procédure judiciaire, engagée depuis juin dernier, se déroule en l’absence de l’intéressée, réfugiée en Inde après avoir quitté le pays en hélicoptère. Cinq chefs d’accusation ont été retenus à son encontre, auxquels s’ajoutent plusieurs autres affaires en cours pour des faits de meurtres et disparitions forcées. Le ministère public a requis la condamnation à mort, estimant que la gravité des faits justifie cette sanction. Le procureur Tajul Islam a déclaré devant la cour qu’une peine capitale s’imposait, qualifiant l’accusée de criminelle endurcie sans aucun remords.
Dans un contexte politique tendu, à trois mois des prochaines élections législatives, l’issue du procès est scrutée avec attention. Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale, où un important dispositif policier a été déployé. Le porte-parole des forces de l’ordre a confirmé la mise en place de contrôles renforcés sur l’ensemble de la ville.
L’ancienne dirigeante, par la voix de ses avocats, conteste fermement les charges retenues contre elle. Dans des déclarations transmises à la presse internationale en octobre, elle a dénoncé un procès à motivation politique, affirmant que les preuves audiovisuelles présentées par l’accusation avaient été tronquées. Elle maintient que son seul souci demeure la stabilité et le bien-être de la nation bangladaise.
Le tribunal doit également statuer sur le cas de l’ancien ministre de l’Intérieur Asaduzzaman Khan Kamal, en fuite, et de l’ex-directeur de la police Chowdhury Abdullah Al Mamun, actuellement détenu après avoir reconnu sa culpabilité. Une commission d’enquête indépendante a par ailleurs recensé plus de 250 cas de disparitions d’opposants politiques imputés au précédent gouvernement.





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