Monde
L’ancien secrétaire général de l’Alliance appelle à une fermeté européenne sans concession

L’ex-patron de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, estime que la seule réponse aux provocations américaines réside dans l’unité et la détermination des alliés.
La crise ouverte par les récentes déclarations américaines concernant le Groenland représente bien plus qu’une simple tension diplomatique. Elle constitue, selon l’ancien secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, une épreuve majeure pour l’ensemble de la communauté transatlantique et pour l’ordre international établi depuis 1945. L’ancien Premier ministre danois, qui dirigea l’Alliance de 2009 à 2014, considère que cette situation inédite exige une révision complète de l’approche européenne.
Il appelle les dirigeants du continent, ainsi que le secrétaire général actuel de l’OTAN, à adopter une posture beaucoup plus robuste. La période des accommodements et des tentatives de conciliation est révolue. D’après lui, seule une démonstration de force, de cohésion et de résolution peut être comprise par l’administration américaine. Cette fermeté collective est présentée comme la condition sine qua non pour préserver la crédibilité et l’avenir de l’Alliance.
La nature même de cette crise en fait un événement sans précédent dans les annales de l’organisation. Une escalade militaire contre le Groenland, territoire autonome du Danemark, équivaudrait selon M. Rasmussen à un acte de dissolution de fait du pacte atlantique. Un tel scénario, en plus de fracturer durablement le lien transatlantique, profiterait directement aux puissances rivales que sont la Russie et la Chine. L’ancien responsable met également en garde contre l’effet de diversion que cette affaire produit, détournant l’attention des urgences sécuritaires réelles, à commencer par le conflit en Ukraine.
Pour désamorcer la situation, M. Rasmussen prône néanmoins l’ouverture d’un dialogue constructif avec Washington. Il évoque la possibilité de moderniser l’accord de défense liant le Danemark et les États-Unis au Groenland depuis 1951, d’y faciliter les investissements économiques américains, et d’y exclure formellement l’influence de Moscou et de Pékin. Ces concessions pragmatiques pourraient, selon lui, répondre à une partie des attentes exprimées. Il trace cependant une ligne rouge infranchissable, celle de toute cession territoriale, une hypothèse qu’il rejette avec la plus grande fermeté.

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