Monde
La rue ukrainienne se dresse pour défendre ses institutions anticorruption

Des milliers de citoyens ont manifesté à Kiev contre une réforme jugée liberticide, rappelant l’importance cruciale de l’État de droit en temps de guerre.
Dans un mouvement de protestation inédit depuis le début du conflit avec la Russie, plusieurs milliers de personnes ont défilé mercredi dans la capitale ukrainienne. Leur colère vise une loi récemment adoptée par le Parlement, qui remet en cause l’autonomie des principales agences de lutte contre la corruption. Les manifestants, majoritairement jeunes, ont brandi des pancartes appelant le président Volodymyr Zelensky à opposer son veto à ce texte controversé.
Le dispositif législatif en question place le Bureau national anticorruption (NABU) et le Parquet spécialisé anticorruption (SAP) sous la tutelle directe du procureur général, lui-même nommé par le chef de l’État. Pour les opposants à cette réforme, il s’agit d’une atteinte à l’indépendance de ces institutions, pierres angulaires des réformes engagées après la révolution de Maïdan en 2014. « Nous ne voulons pas d’une Ukraine corrompue ou autoritaire. Nous voulons une Ukraine libre », a déclaré l’un des participants, résumant l’inquiétude d’une partie de la population.
Face à la mobilisation, le président Zelensky a tenté d’apaiser les tensions en annonçant l’examen d’un nouveau projet de loi visant à garantir « toutes les normes nécessaires » pour préserver l’autonomie des structures anticorruption. Cette promesse n’a toutefois pas suffi à dissiper les craintes, notamment chez les partenaires européens de Kiev. Bruxelles a exprimé ses réserves, soulignant les risques que cette réforme fait peser sur le processus d’adhésion à l’Union européenne.
Pour de nombreux manifestants, cette bataille politique revêt une dimension symbolique. « Nous avons mis des années à nous rapprocher de l’Europe. Nous ne permettrons pas qu’on nous ramène en arrière », a affirmé une jeune protestataire, évoquant avec émotion son premier engagement dans une manifestation politique. La crainte d’un recul démocratique, susceptible d’affaiblir le pays face à l’agression russe, semble avoir galvanisé une partie de la société civile.
Certains observateurs redoutent que cette crise interne ne soit exploitée par Moscou pour semer la division. Le Kremlin n’a d’ailleurs pas manqué de réagir, qualifiant l’Ukraine de pays « profondément corrompu ». Une rhétorique qui, loin de décourager les manifestants, semble au contraire renforcer leur détermination. « L’Ukraine est européenne, et nous continuerons à nous battre pour elle », ont-ils scandé, rappelant que la défense de la démocratie passe aussi par la préservation des institutions.
Alors que le pays entre dans sa quatrième année de guerre, cette mobilisation citoyenne illustre les défis complexes auxquels l’Ukraine est confrontée. Entre résistance à l’agresseur extérieur et vigilance face aux dérives internes, la société ukrainienne montre une fois de plus sa capacité à se mobiliser pour ses principes.

SociétéEn Ligne 7 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 7 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
Faits DiversEn Ligne 4 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
PolitiqueEn Ligne 5 joursDarmanin veut que les patrons sachent ce que font leurs salariés pendant les violences
PolitiqueEn Ligne 3 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
Faits DiversEn Ligne 6 joursAprès l’incendie de la mairie de Limoges, deux suspects interpellés
Faits DiversEn Ligne 6 joursDe foyers en camps syriens, le parcours brisé de Vanessa Bérard devant les assises
PolitiqueEn Ligne 6 joursRéunions, fermeté et rideaux baissés avant une nouvelle mobilisation
















