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La multiplication des vagues de chaleur redessine le climat européen

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L’Europe occidentale subit un épisode de chaleur précoce et inédit, symptôme d’un réchauffement accéléré qui transforme le visage du continent.

La vague de chaleur qui frappe actuellement l’ouest de l’Europe illustre une tendance lourde observée depuis le début du siècle. Selon les données de l’Administration océanique et atmosphérique américaine, le Vieux Continent enregistre le réchauffement le plus rapide de la planète depuis 1990. Ce phénomène se traduit par des canicules plus fréquentes, plus étendues et plus précoces.

L’été 2003 a marqué un tournant dans la prise de conscience collective. La canicule qui a sévi durant la première quinzaine d’août a provoqué un choc sanitaire sans précédent. Plusieurs nations ont alors mis en place des dispositifs de vigilance, à l’image du plan canicule instauré en France. Les températures exceptionnelles enregistrées en France, en Italie, en Espagne et au Portugal ont entraîné des dizaines de milliers de décès supplémentaires. Une étude européenne publiée en 2007 a estimé à 70 000 le nombre de morts excédentaires dans seize pays durant cet été. D’autres épisodes ont depuis confirmé cette vulnérabilité. La Russie a connu près de 56 000 décès supplémentaires lors de la canicule de 2010, tandis que plus de 61 000 morts seraient attribuables aux fortes chaleurs de l’été 2022 dans trente-cinq pays européens, selon une enquête franco-espagnole.

Les vagues de chaleur ne se limitent plus à l’ouest et au sud du continent. En 2010, l’Europe de l’Est a suffoqué, avec un record à Moscou où le thermomètre a atteint 37,2 degrés Celsius en juillet. En juin et juillet 2019, les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont battu leurs records historiques. La France a enregistré son pic absolu de 46 degrés à Vérargues, dans l’Hérault, au cours du même été. En 2021, la Sicile a connu un record européen avec 48,8 degrés à Syracuse, tandis que l’Espagne et la Grèce subissaient des épisodes caniculaires d’une intensité inédite.

Ces phénomènes gagnent également du terrain sur le calendrier. En 2019 et 2022, les premières vagues de chaleur sont survenues dès la mi-juin, battant des records mensuels en Allemagne et en Autriche. L’année suivante, la chaleur s’est prolongée jusqu’en septembre, aggravant la sécheresse dans le sud de l’Europe. En mai 2026, un épisode précoce et inédit a frappé l’ouest du continent, faisant tomber des records pour ce mois en France, au Royaume-Uni et au Portugal, tandis que plusieurs grandes villes italiennes étaient placées en alerte rouge.

La fréquence des canicules ne cesse d’augmenter. Météo-France recense 51 vagues de chaleur à l’échelle nationale depuis 1947. Parmi elles, 34 sont survenues après l’an 2000 et 26 après 2011. Une étude universitaire germano-roumaine publiée en 2025, portant sur la période 1921-2021, confirme une hausse significative de la fréquence de ces épisodes dans la plupart des régions européennes, en particulier au cours des trois dernières décennies.

Les records absolus de température témoignent de cette évolution. Le pic européen de 48,8 degrés, enregistré le 11 août 2021 à Syracuse, a été homologué par l’Organisation météorologique mondiale. D’autres pays ont également établi de nouveaux seuils nationaux. La France a atteint 46 degrés en juin 2019, l’Allemagne 41,2 degrés en juillet de la même année, l’Espagne 47,6 degrés en août 2021, et le Royaume-Uni 40,3 degrés en juillet 2022.

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