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La liberté de création en jeu chez Grasset Jeunesse
Les auteurs de la maison d’édition s’unissent pour défendre l’indépendance éditoriale et réclament un droit de retrait, à la suite du départ de son dirigeant.
Près de quatre-vingts écrivains et illustrateurs publiés par le département jeunesse des éditions Grasset ont pris la parole collectivement. Dans une déclaration rendue publique, ils expriment leur attachement aux principes fondateurs de la collection et appellent au respect de la liberté de création. Cette mobilisation fait suite au licenciement du président-directeur général de la maison, Olivier Nora.
Les signataires estiment que l’identité d’une maison d’édition repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la composent. Ils soulignent la relation de confiance établie depuis plus de cinq décennies avec cette structure, qu’ils décrivent comme un espace à part au sein du groupe. Leur souhait est de voir perdurer cet esprit et les conditions de travail qui ont permis l’éclosion d’une production littéraire de qualité.
Ce mouvement rejoint un débat plus large qui agite le monde du livre. Les auteurs jeunesse affirment leur soutien à l’idée d’instaurer une clause de conscience dans le secteur de l’édition. Un tel mécanisme, déjà en vigueur dans la presse, permettrait à un créateur de se retirer d’un contrat en cas de changement substantiel dans l’orientation ou les valeurs de son éditeur. Cette revendication a été portée récemment par plusieurs centaines de personnalités littéraires.
Parallèlement, plus de cent soixante-dix écrivains ont annoncé qu’ils suspendaient toute nouvelle collaboration avec Grasset. Ils imputent l’éviction du PDG à l’influence de Vincent Bolloré, l’actionnaire majoritaire du groupe Hachette, propriétaire de la maison. Cette décision est perçue par beaucoup comme le signe d’une volonté d’alignement éditorial.
La question a désormais franchi les portes des institutions. Deux parlementaires ont annoncé leur intention de soulever le sujet au Sénat et à l’Assemblée nationale. L’exécutif, par la voix du président de la République, a reconnu la nécessité d’examiner la proposition, sans prendre position pour l’heure. Certains intellectuels plaident pour une réflexion élargie, visant à encadrer ce droit de retrait pour qu’il soit à la fois effectif et équitable, en le limitant à des situations de réorientation manifeste de la ligne éditoriale.
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