Faits Divers
Perpétuité pour le chauffard qui a fauché un cortège syndical à Munich
Un Afghan de 25 ans a été condamné à la prison à vie pour avoir foncé sur des manifestants à Munich en février 2025. Le tribunal a exclu toute libération…


Un Afghan de 25 ans a été condamné à la prison à vie pour avoir foncé sur des manifestants à Munich en février 2025. Le tribunal a exclu toute libération anticipée avant au moins quinze ans.
Le verdict est tombé à Munich. L’homme qui a précipité sa voiture dans un défilé de syndicalistes en février 2025 ne reverra pas la liberté avant très longtemps. Le tribunal régional supérieur a condamné Fahrad N. à la prison à perpétuité, en retenant la « gravité particulière » du crime. Concrètement, cela signifie qu’aucune libération anticipée n’est possible avant quinze ans de détention, et qu’elle restera très difficile ensuite. Le parquet fédéral avait demandé cette peine maximale, tandis que la défense espérait quinze ans de prison assortis d’une hospitalisation psychiatrique. Les juges ont suivi l’accusation.
Ce jour-là, Munich vit sous tension. La Conférence sur la sécurité réunit les grands de ce monde et l’Allemagne entre dans la dernière ligne droite des législatives. Environ 1 400 personnes manifestent dans le centre-ville à l’appel du syndicat Verdi. Fahrad N. est au volant d’une Mini. Il double la police qui protège le cortège et fonce dans la foule. Un témoin raconte des corps projetés comme des quilles. Une Algérienne de 37 ans, ingénieure pour la ville, et sa fille de deux ans sont soufflées sur une dizaine de mètres. Elles meurent deux jours plus tard. La voiture parcourt encore vingt-trois mètres avant de s’immobiliser. Le président du tribunal a décrit un « véritable champ de ruines ». L’accusé est reconnu coupable de deux meurtres, de vingt-trois tentatives de meurtre et de nombreux coups et blessures.
Le mobile, lui, ne fait aucun doute pour les enquêteurs. L’homme a crié « Allah Akhbar » et s’est mis à prier lors de son arrestation. Il se présentait comme un soldat d’une « rétribution justifiée », convaincu que les pays occidentaux sont responsables des souffrances des musulmans en Afghanistan et au Moyen-Orient. Arrivé en Allemagne à quinze ans comme mineur isolé, il semblait parfaitement intégré, adepte de musculation et titulaire d’un titre de séjour renouvelé. En quelques mois, les prêches de religieux afghans regardés sur les réseaux sociaux l’ont radicalisé. Seul, en colère contre sa famille restée au pays, il a basculé. Les experts ont relevé des fragilités, mais pas de psychose. Sa responsabilité pénale est donc entière.
L’attaque a éclaboussé la campagne électorale. Quelques jours avant, un homme avait déjà attaqué des enfants au couteau dans un parc bavarois. Puis il y a eu le marché de Noël de Magdebourg et plus récemment Leipzig. À chaque fois, la question migratoire s’invite dans le débat allemand. L’AfD en a profité pour arriver deuxième avec un score historique de 20 % aux législatives. L’Allemagne, qui a accueilli des centaines de milliers de réfugiés syriens et afghans depuis 2015, durcit sa politique migratoire. Mais elle continue de chercher de la main-d’œuvre à l’étranger. Le choc de Munich reste, lui, gravé dans les mémoires.
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