Économie
La fin de l’exemption douanière américaine bouleverse l’envoi de colis dans le monde

Les envois postaux à destination des États-Unis entrent dans une nouvelle ère réglementaire. La suppression des exemptions fiscales pour les petits colis provoque des suspensions d’expédition à l’échelle internationale.
À compter de ce vendredi, l’ensemble des envois postaux à destination des États-Unis, à l’exception des cadeaux personnels d’une valeur inférieure à cent dollars, sont soumis au paiement de droits de douane. Cette décision, officialisée par décret présidentiel fin juillet, met un terme au régime d’exemption dit « de minimis » qui permettait jusqu’alors l’entrée sans taxe de colis d’une valeur inférieure à 800 dollars.
Les autorités américaines justifient cette mesure par la nécessité de lutter contre les trafics de produits illicites et les importations frauduleuses. Selon elles, la très grande majorité des substances narcotiques, des contrefaçons et des articles dangereux saisis l’an dernier transitaient par ce type d’envois. La suppression de cette exemption vise ainsi à renforcer la sécurité et le contrôle aux frontières.
Cette réforme s’accompagne de perturbations majeures dans les chaînes logistiques internationales. De nombreux services postaux, dont ceux de l’Allemagne, de la France, du Japon ou encore de l’Australie, ont provisoirement suspendu leurs expéditions vers les États-Unis. Ils invoquent un délai de mise en œuvre trop court et un manque de précisions techniques quant aux procédures de perception et de reversement des taxes.
Les conséquences économiques sont déjà sensibles pour les petites entreprises et les commerçants indépendants, notamment ceux dont le modèle reposait sur l’envoi direct de produits à leurs clients américains. Certains évoquent des surcoûts difficilement absorbables, tandis que d’autres redoutent un impact durable sur leur activité.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de forte croissance du volume de colis entrants sur le territoire américain, passé de 134 millions en 2015 à plus de 1,36 milliard l’an dernier. Elle intervient après plusieurs mois de réflexion sur le sujet, y compris sous l’administration précédente, et cible explicitement certaines plateformes d’e-commerce international.

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