Économie
La dernière danse de Powell avant l’arrivée de Warsh
Jerome Powell s’apprête à livrer ce qui pourrait être son ultime conférence de presse à la tête de la Réserve fédérale américaine, alors que son successeur désigné, Kevin Warsh, franchit une étape décisive vers la présidence de l’institution.
Le second et dernier jour de la réunion de politique monétaire de la Fed a débuté ce mercredi à Washington. Les marchés financiers anticipent unanimement une décision de statu quo sur les taux directeurs, maintenus dans une fourchette de 3,50% à 3,75% depuis décembre. L’annonce officielle est attendue à 14 heures, heure locale, suivie d’une prise de parole de Jerome Powell trente minutes plus tard.
L’attention des observateurs se concentre désormais sur l’avenir du président sortant, dont le mandat expire le 15 mai. Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, semble bien parti pour lui succéder. Une commission sénatoriale a validé sa candidature en début de journée, avec le seul soutien des républicains, les démocrates dénonçant une personnalité qu’ils jugent inféodée au président Trump.
Un vote en séance plénière doit encore lever les derniers obstacles à son accession au sommet de la banque centrale. Cette issue semblait pourtant incertaine ces derniers jours, en raison d’une procédure judiciaire visant Jerome Powell. Un élu de la majorité présidentielle menaçait de bloquer le processus tant que le ministère de la Justice n’abandonnait pas une enquête perçue comme une tentative d’intimidation. La clôture de cette affaire a été annoncée vendredi, sans que le dossier ne soit définitivement enterré.
Dans ce climat tendu, Jerome Powell doit décider s’il quitte complètement la Fed pour laisser les mains libres à son successeur, ou s’il conserve son poste de simple gouverneur, qu’il occupe théoriquement jusqu’en janvier 2028. Une telle option priverait Donald Trump de la possibilité de nommer rapidement un nouvel homme de confiance au sein de l’institution.
Quelle que soit sa décision, elle suscitera des interrogations, estime Belinda Roman, professeure d’économie à l’université St. Mary’s au Texas. Les investisseurs, en quête de stabilité et d’indépendance de la part des banquiers centraux, s’interrogeront sur les conséquences pour la politique monétaire. Si Kevin Warsh souhaite réellement abaisser les taux directeurs, il devra convaincre les autres membres du comité de politique monétaire, prévient-elle.
Douze personnes, dont le président de la Fed, votent sur les taux américains. La plupart des responsables ont indiqué vouloir observer comment la première économie mondiale absorbe les conséquences du conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie qui en a découlé. Le chômage reste modeste, à 4,3%, et la consommation demeure soutenue, mais l’inflation s’éloigne de l’objectif de 2% fixé par la Fed.
Même si une issue au conflit se profile dans les semaines à venir, les prix ne devraient pas se calmer rapidement, prévient l’économiste. Les hausses des coûts de l’énergie se répercutent déjà dans l’ensemble de l’économie, des engrais à l’agriculture, en passant par l’alimentation et le transport. Les investisseurs n’envisagent pas pour l’instant un relèvement des taux pour lutter contre l’inflation, mais ils parient sur un statu quo prolongé.
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