Monde
La Chine taxe les contraceptifs pour relancer sa natalité

À Pékin, cette mesure suscite scepticisme et interrogations. Pour de nombreux citadins, le frein à la parentalité réside bien davantage dans les pressions économiques et sociales que dans le prix des préservatifs.
Le gouvernement chinois a supprimé, depuis le début de l’année, les exonérations fiscales sur les contraceptifs. Ces produits, dont les préservatifs, sont désormais soumis à une taxe sur la valeur ajoutée de 13 pour cent. Cette décision s’inscrit dans une série de politiques visant à enrayer le déclin démographique du pays, parallèlement à des exemptions accordées pour les services de garde d’enfants ou de rencontres matrimoniales.
L’objectif affiché est d’encourager les naissances dans un contexte de baisse continue de la population. Le nombre d’habitants a diminué pour la troisième année consécutive en 2024, avec seulement 9,54 millions de naissances enregistrées l’an dernier, un chiffre divisé par deux par rapport à 2016.
Cependant, dans les rues de la capitale, cette approche fiscale est largement remise en cause. Pour de nombreux résidents, le principal obstacle à la parentalité n’est pas le coût des moyens de contraception, mais un ensemble de pressions socio-économiques bien plus lourdes. Une jeune femme, prénommée Jessica, souligne que le stress lié à l’emploi et au coût de la vie constitue un défi bien plus significatif. Elle estime que la mesure ne s’attaque pas aux causes profondes du problème.
Cette analyse est partagée par d’autres Pékinois. Une habitante de 33 ans, Xu Wanting, considère que ceux qui ont besoin de contraceptifs continueront de les acheter, car il s’agit de produits liés à la santé. Elle doute que cette taxe ait un impact tangible sur le taux de natalité. Leur scepticisme rejoint les observations d’experts, pour qui le poids financier de l’éducation d’un enfant, les prix de l’immobilier ou un marché du travail tendu sont des facteurs bien plus déterminants.
Lors d’une récente réunion sur la politique économique, les autorités ont promis de promouvoir une vision positive du mariage et de la maternité. Mais sur le terrain, les préoccupations des jeunes couples demeurent concrètes. Ils s’interrogent sur leur capacité à assumer les responsabilités parentales dans un environnement économique incertain. Une étudiante, se faisant appeler Du, plaide ainsi pour des mesures plus directes, comme la garantie de congés parentaux adaptés par les entreprises.
Alors que les projections des Nations unies anticipent un déclin démographique majeur d’ici la fin du siècle, le débat dépasse la simple fiscalité. Il porte sur la confiance dans l’avenir et la capacité à concilier aspirations personnelles et réalités économiques. La nouvelle taxe apparaît, pour ses détracteurs, comme un symbole de plus d’une politique qui peine à répondre aux inquiétudes fondamentales de la population.

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