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La Bulgarie aux urnes, entre lassitude et attente d’un nouveau cap

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Pour la huitième consultation législative en cinq ans, les électeurs bulgares se rendent aux urnes ce dimanche. L’ancien chef de l’État Roumen Radev, donné favori, incarne l’espoir d’une majorité stable capable de tourner la page d’une instabilité chronique.

Le pays, membre le moins prospère de l’Union européenne, renoue avec un rituel électoral devenu presque annuel. Cette précipitation de scrutins trouve son origine dans la chute, en 2021, du gouvernement de longue date de Boïko Borissov, emporté par un vaste mouvement de protestation contre la corruption. Depuis, aucune coalition n’a réussi à assurer une gouvernance durable, laissant la classe politique dans une impasse.

Au centre de ce nouveau rendez-vous électoral se trouve la figure de Roumen Radev. L’ex-président, qui a quitté ses fonctions en début d’année pour se lancer dans la bataille parlementaire, mène la liste de la formation de centre-gauche « Bulgarie progressiste ». Ses promesses de rupture avec ce qu’il nomme le « modèle oligarchique » et son soutien affiché aux manifestants de l’automne dernier lui ont permis de creuser un écart dans les intentions de vote. Les derniers sondages lui accordent une avance confortable sur le parti GERB de M. Borissov.

La position internationale de l’ancien général suscite toutefois des débats. Favorable à un rapprochement avec Moscou et exprimant des réserves sur l’aide militaire à l’Ukraine, alignées sur celles de la Hongrie et de la Slovaquie, il tente de rassurer ses partenaires européens. Il a récemment affirmé qu’il n’envisageait pas d’opposer son veto aux décisions communes de l’UE, rappelant les bénéfices de l’appartenance à l’Union.

L’enjeu du scrutin réside dans la capacité de M. Radev à obtenir une majorité suffisante pour gouverner sans compromis. Il a exclu toute alliance avec le mouvement de M. Borissov, qu’il associe aux pratiques qu’il dénonce, ainsi qu’avec la formation représentant les minorités turque et rom, dirigée par Delyan Peevski, une figure controversée visée par des sanctions occidentales. La porte reste entrouverte à une éventuelle entente avec les libéraux pro-européens, bien que des divergences géopolitiques subsistent.

La campagne a été marquée par des inquiétudes récurrentes concernant l’intégrité du vote. Les autorités ont annoncé avoir déjoué plusieurs tentatives de corruption électorale et saisi des sommes importantes en liquide, destinées selon elles à influencer les électeurs. Ces affaires, impliquant des élus locaux, pourraient affecter la participation, qui avait atteint un niveau historiquement bas lors du précédent scrutin.

Les partis en lice ont lancé des appels pressants à la mobilisation, arguant qu’une forte affluence est le meilleur rempart contre les votes achetés. Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à vingt heures, et les premières estimations sont attendues dans la foulée de leur fermeture.

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