Monde
Des ruines à la vie l’hôpital de Tyr refuse de s’éteindre
Dans un hôpital du sud Liban ravagé par une frappe, un bébé est né. Le personnel, sous les décombres, continue de soigner coûte que coûte.
Ce mardi, le docteur Nasser Masri tient un nouveau-né dans ses bras. Autour de lui, les murs de l’hôpital Jabal Amel à Tyr portent encore les marques de la violence. La veille, une frappe israélienne a soufflé les bâtiments voisins, tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 soignants. Quatre médecins, 27 infirmiers et huit employés sont touchés. Certains luttent en réanimation. Pourtant, l’accouchement prévu a eu lieu. La mère a insisté pour donner vie ici, malgré le chaos. Un geste que le médecin décrit comme un message d’espérance.
Dans les couloirs, le sol est jonché de verre brisé. Des câbles pendent des plafonds éventrés. Mais déjà, des employés nettoient et récupèrent ce qui peut encore servir. Le personnel ne plie pas. « Deux heures après les frappes, nous avons repris le travail normalement », assure le docteur Masri. Le chef de la maintenance, Mohammad Derbage, inspecte les dégâts. Un immeuble s’est effondré à côté, le toit du parking a cédé sur des véhicules. Il affirme que l’hôpital était la cible délibérée. Pourtant, la direction a décidé de rouvrir immédiatement. « Nous tenons bon, et ce qui s’est passé renforce notre détermination », dit-il.
Tyr n’a pas été épargnée. Deux de ses trois hôpitaux sont endommagés mais fonctionnent encore. Le troisième, déjà touché en avril, est submergé de patients. Malgré les ordres d’évacuation israéliens, des milliers de personnes restent dans la ville, habitants et déplacés des villages alentour. Depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah, en mars, 17 hôpitaux ont été abîmés et trois ont fermé. Plus de 128 secouristes et soignants ont perdu la vie. À Jabal Amel, l’unité de soins intensifs a été particulièrement touchée. Des patients ont dû être transférés. Le chef de ce service, Hassan Kassir, confie qu’il n’imaginait pas une telle destruction. « Mais nous continuons, c’est notre devoir », dit-il. Zainab Fakih, du laboratoire, tremble encore au souvenir des pierres tombant sur elle. « On pensait que l’hôpital serait épargné. Nous avons eu très peur, mais nous sommes revenues travailler. »
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