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La bataille à 60 pour le gouvernorat de Californie

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Les Californiens votent mardi lors de primaires qui désigneront les candidats au poste de gouverneur et à la mairie de Los Angeles. Une primaire ouverte à tous les partis avec plus de 60 noms sur le bulletin, où trois favoris se détachent pour succéder à Gavin Newsom.

C’est un scrutin hors norme qui se déroule en Californie. Contrairement à la plupart des États américains, le Golden State organise une primaire unique où démocrates et républicains sont mélangés. Les deux candidats qui recueillent le plus de voix s’affronteront en novembre pour prendre la suite de Gavin Newsom, qui a atteint la limite de ses mandats. Avec plus de 60 noms sur la liste, l’électeur a l’embarras du choix dans cet État de 40 millions d’habitants, traditionnellement acquis aux démocrates. Mais la campagne n’a pas vraiment emballé les foules.

Trois candidats sortent du lot dans les sondages. En tête, Xavier Becerra, ancien ministre de la Santé de Joe Biden, un démocrate bien connu. Derrière lui, la bataille fait rage pour la deuxième place qualificative. Tom Steyer, milliardaire issu de la finance, a déjà injecté plus de 200 millions de dollars de sa poche pour défendre une hausse des impôts des plus riches et une baisse des factures pour la classe moyenne. Face à lui, Steve Hilton, un ancien stratège politique américano-britannique et ex-commentateur de Fox News, attaque les démocrates sur tous les fronts. Il les accuse d’être incapables de résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés. Et les problèmes existent bel et bien. La Californie possède la quatrième économie mondiale grâce à la Silicon Valley, mais ses habitants subissent un coût du logement exorbitant, l’essence la plus chère des États-Unis et des services publics en déclin. Le nombre choquant de sans-abris à Los Angeles et San Francisco irrite aussi les électeurs, sans que la gauche n’ait trouvé de solution durable.

Pendant ce temps, Los Angeles vote également pour ses primaires municipales. La maire sortante Karen Bass, qui brigue un second mandat, se retrouve prise en étau. À sa gauche, Nithya Raman, une conseillère municipale issue des Socialistes démocrates, la talonne. À sa droite, Spencer Pratt, star de la téléréalité qui a perdu sa maison dans les incendies dévastateurs de janvier 2025, capitalise sur le mécontentement lié à la reconstruction trop lente. Pratt mise sur la sécurité et la lutte contre la criminalité, un discours qui séduit même des électeurs démocrates. Karen Bass, pourtant bien placée au départ, a vu sa position fragilisée par sa gestion maladroite des incendies. Elle a regagné un peu de terrain en critiquant les raids anti-immigration menés par le fédéral, mais les sondages la donnent au coude-à-coude. Ces primaires californiennes pourraient avoir des répercussions nationales, car Gavin Newsom semble nourrir des ambitions présidentielles pour 2028. Les véritables élections générales, elles, se joueront en novembre.

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