Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Kazakhstan, un référendum pour une transition sous contrôle

Article

le

Les électeurs kazakhs se sont prononcés sur une révision constitutionnelle présentée comme une avancée démocratique, mais dont les dispositions renforcent en réalité les prérogatives présidentielles.

Le scrutin de ce dimanche intervient dans un contexte marqué par les événements de janvier 2022, une crise que le pouvoir actuel dit vouloir dépasser en instaurant un nouvel équilibre institutionnel. Le chef de l’État, Kassym-Jomart Tokaïev, élu après la démission de son prédécesseur historique, affirme que ces modifications mettront fin à un système hyperprésidentiel pour établir une république dotée d’un Parlement influent.

Le taux de participation, dépassant la moitié du corps électoral en milieu de journée, a été atteint après une mobilisation active des autorités, notamment auprès des travailleurs des secteurs stratégiques. La pratique consistant à photographier son bulletin, courante dans la région, a été observée dans les bureaux de vote, tandis que les critiques exprimées en amont du scrutin sur les réseaux sociaux ont donné lieu à des convocations ou des détentions.

Le texte soumis au vote comporte plusieurs dispositions notables. Il supprime la chambre haute du Parlement et transfère au président la nomination directe des responsables d’institutions clés, comme la banque centrale ou la cour constitutionnelle. Il introduit également la possibilité pour le chef de l’État de dissoudre l’assemblée et de légiférer par décret sous certaines conditions. Par ailleurs, la liberté d’expression se voit encadrée par des considérations d’ordre public et de moralité, et le droit de manifester est soumis à des restrictions renforcées.

Des observateurs et des organisations internationales ont exprimé des réserves sur la portée réelle de ces changements. Certains analystes y voient moins une libéralisation qu’un renforcement des leviers de contrôle de l’exécutif, consolidant l’autorité présidentielle tout en préparant l’avenir. L’apparition d’un poste de vice-président, notamment, est perçue comme un instrument potentiel pour organiser une future succession.

Le résultat du référendum, attendu comme une validation des propositions gouvernementales après une campagne à sens unique, s’inscrit dans une tradition politique régionale où les consultations populaires entérinent généralement les orientations du pouvoir en place.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus