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Isabelle Adjani de nouveau confrontée à la justice fiscale

_**L’actrice comparaît en appel pour des irrégularités financières, après une première condamnation. L’audience a été marquée par des débats sur la régularité de la procédure.**_
Le procès en appel d’Isabelle Adjani s’est poursuivi ce mercredi après-midi à la cour d’appel de Paris. L’artiste, âgée de soixante-dix ans, avait été condamnée en première instance à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 250 000 euros pour des faits de fraude fiscale. Vêtue de noir, elle est apparue au palais de justice peu après treize heures trente, après s’être abstenue de comparaître lors de l’audience initiale à l’automne 2023.
Les griefs retenus à son encontre concernent plusieurs dossiers distincts. Les magistrats l’estiment notamment avoir indûment déclaré sa résidence fiscale au Portugal pour les années 2016 et 2017. Elle est également poursuivie pour avoir présenté une donation comme un prêt en 2013, et pour avoir fait transiter une somme d’argent par l’intermédiaire d’un compte aux États-Unis en 2014. L’affaire, dont les débats avaient commencé fin février, avait dû être reportée en raison d’une question de procédure liée à une demande d’assistance administrative internationale.
Dès l’ouverture de l’audience, la défense de l’actrice a de nouveau soulevé des arguments sur la forme, plaidant une irrégularité dans le déroulement de l’instruction. L’avocat des services fiscaux a pour sa part opposé une argumentation directe, soulignant que l’intéressée n’avait pas déclaré son domicile fiscal en France. « Ce n’est pas une fraudeuse hors norme, elle n’a pas déclaré et a dissimulé une donation, un point c’est tout », a-t-il affirmé à l’attention des conseils de la prévenue.
Lors du premier procès, auquel Isabelle Adjani n’avait pu assister, retenue aux États-Unis, le tribunal avait établi que le domicile fiscal au Portugal avait permis d’éluder environ 236 000 euros d’impôt sur le revenu. Concernant la somme de deux millions d’euros reçue en 2013 d’un homme d’affaires sénégalais, proche de l’actrice, les juges y avaient vu une « donation déguisée », ayant conduit à un manquement fiscal évalué à 1,2 million d’euros. Enfin, un transfert de 119 000 euros vers le Portugal via un compte non déclaré outre-Atlantique avait été qualifié de blanchiment.
Lors des précédentes audiences, ses anciens avocats avaient avancé qu’elle avait agi par erreur et sur de mauvais conseils en établissant sa résidence au Portugal, précisant qu’elle avait depuis changé de conseil juridique. L’enquête à l’origine de ces poursuites avait été initiée suite à la révélation du nom de l’actrice dans les « Panama Papers », en lien avec une société détenue dans les îles Vierges britanniques. Si ce volet n’avait pas donné lieu à des poursuites, il avait conduit les enquêteurs à examiner d’autres éléments ayant abouti à l’actuelle procédure.

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