Europe
«Il est doué des mains» la famille vole au secours de l’ostéopathe accusé de viols sur 29 patientes
Le procès très attendu d’un ostéopathe strasbourgeois s’est ouvert lundi sur une note troublante. Sa famille le décrit comme un soignant «doué» et minimise des gestes intimes que la justice considère comme des viols.
L’homme est accusé de viols et d’agressions sexuelles sur 29 de ses patientes. Des faits qui se seraient déroulés entre 2014 et 2020 dans son cabinet d’Eschau, une banlieue cossue au sud de Strasbourg. Pierre Garitte, 37 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire. Il risque 20 ans de réclusion criminelle. Pourtant, lundi, ses proches sont venus témoigner à la barre pour le défendre. Son père l’a présenté comme un homme «doué des mains» et a fustigé une «judiciarisation à outrance» depuis le mouvement #MeToo. Sa demi-sœur a même affirmé consulter un ostéopathe qui pratique des pénétrations consenties. Une pratique pourtant interdite dans la profession.
Les faits reprochés sont graves. Huit patientes disent avoir été violées et 23 autres agressées sexuellement lors de consultations. L’accusation parle d’actes «commis en abusant de l’autorité que lui confère sa fonction». Vingt-trois des 29 femmes se sont constituées parties civiles. Pierre Garitte nie toute intention sexuelle. Il explique «voir le corps de manière trop mécanique» et privilégier le «résultat» sur l’«obligation de moyens». «Ça m’embêtait que les gens continuent d’avoir mal», a-t-il justifié. Mais pour les avocates des parties civiles, c’est un argument dangereux. «Ce n’est pas parce qu’on consent à des soins qu’on va consentir à tout», a rappelé Sonia Bisch, présidente d’une association de lutte contre les violences obstétricales.
Ce procès dépasse le cas d’un seul homme. Pour Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol, la stratégie de défense consiste à «laisser penser que ça fait partie du soin». Un tabou qui se lève progressivement depuis une dizaine d’années, aboutissant à d’autres procès, comme ceux des gynécologues Phuoc-Vinh Tran ou Émile Daraï. L’avocate d’une patiente, Anne-Sophie Wagnon-Horiot, espère que ce procès «serve pour les autres». Les experts doivent encore analyser le profil psychologique de l’accusé, plusieurs ex-compagnes l’ayant qualifié de «pervers narcissique». Une chose est sûre : la confiance thérapeutique est au cœur des débats.
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