Nous rejoindre sur les réseaux

News

Élisabeth Borne quitte la direction de Renaissance, en rupture avec la ligne du parti

Article

le

L’ancienne Première ministre annonce son retrait des instances dirigeantes du parti présidentiel, invoquant un désaccord profond sur la stratégie et le fonctionnement interne. Elle entend désormais se consacrer à sa propre structure politique.

Élisabeth Borne a annoncé mercredi son départ de la direction de Renaissance, tout en conservant sa qualité d’adhérente. Interrogée sur France Inter, elle a justifié cette décision par une opposition à l’orientation actuelle du parti, qu’elle juge insuffisamment débattue en interne. « Je suis en désaccord avec la ligne actuelle », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’elle quittait le Conseil national et le bureau exécutif pour se concentrer sur son initiative personnelle, « Bâtissons ensemble », une structure qu’elle présente comme un espace de rassemblement au-delà des clivages partisans.

L’ancienne locataire de Matignon, qui publie jeudi un ouvrage intitulé « Réveillons-nous ! », a précisé qu’elle resterait « simple adhérente » de Renaissance. « Je suis attachée aux militants et aux valeurs que nous avons portées en 2017, mais je ne souhaite plus participer aux instances », a-t-elle expliqué. Son retrait intervient alors que Gabriel Attal, secrétaire général du parti, intensifie ses déplacements en vue de l’élection présidentielle, cherchant à rivaliser avec Édouard Philippe dans le bloc central.

La relation entre Élisabeth Borne et Gabriel Attal s’était déjà tendue par le passé. En août 2024, elle avait envisagé de briguer la tête de Renaissance avant de renoncer à déposer sa propre liste, en échange de la présidence du Conseil national. Mais depuis, elle n’a jamais caché son malaise face à la méthode de son successeur, qu’elle avait pourtant accueilli à Matignon en janvier 2024. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, elle avait qualifié Renaissance de « simple agence de communication » au service de Gabriel Attal.

Interrogée sur les motifs précis de son désaccord, Élisabeth Borne a évoqué des principes fondamentaux comme le respect du droit international, du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Elle s’était déjà opposée à certaines propositions du parti, notamment l’interdiction du voile pour les mineures de moins de quinze ans. Son absence lors du discours de clôture du meeting d’Arras en septembre 2025, de même que lors du bureau exécutif de lundi, avait déjà été interprétée comme un signe de distance.

Une source proche de Gabriel Attal a estimé qu’elle aurait pu utiliser la présidence du Conseil national pour nourrir un débat de fond, mais qu’elle ne l’a jamais fait. De son côté, Élisabeth Borne a livré une critique de la méthode présidentielle, estimant que si les intuitions d’Emmanuel Macron en 2017 étaient justes, il faut désormais « faire autrement ». Elle s’est dite opposée à un « pouvoir solitaire et vertical » et a plaidé pour une révision de la procédure de dissolution de l’Assemblée nationale, qu’elle juge trop dépendante de la seule volonté présidentielle.

Dans son livre, elle défend également le retour à un septennat non renouvelable et propose que le Conseil des ministres soit présidé par le Premier ministre plutôt que par le chef de l’État. Interrogée sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, elle a répondu que ce n’était « pas du tout le sens de sa démarche », affirmant vouloir se concentrer sur des propositions concrètes.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus