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Dix-sept oiseaux norvégiens lâchés dans les Vosges, le débat sur leur survie s’intensifie

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Un nouveau contingent de grands tétras, capturés en Norvège, a été relâché dans le massif vosgien dans le cadre d’un programme de sauvegarde controversé. Les opposants dénoncent un taux de mortalité élevé et des conditions environnementales défavorables.

Dix-sept grands tétras, treize mâles et quatre femelles, ont été introduits dans le Massif des Vosges entre le 13 avril et le 8 mai, a confirmé le Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Cette opération, la troisième du genre depuis le lancement d’un plan de renforcement de l’espèce il y a deux ans, vise à restaurer la population de ce gallinacé emblématique, également connu sous le nom de coq de Bruyère, dont les effectifs se sont effondrés dans la région.

Les spécimens, tous originaires de Norvège, ont été équipés de balises GPS avant d’être relâchés. Ils viennent s’ajouter aux trois à cinq individus encore présents sur le massif, selon les estimations du parc. Parmi eux, seuls un ou deux oiseaux issus des précédentes translocations ont survécu, aux côtés de deux ou trois spécimens autochtones. Les autres sont morts, principalement victimes de prédateurs.

Le programme, qui prévoit la capture de cinquante oiseaux par an au maximum sur cinq ans, avec un plafond de deux cents individus, peine à atteindre ses objectifs. En trois ans, seule une trentaine d’oiseaux ont été réintroduits. Les associations environnementales, dont SOS Massif des Vosges, critiquent ouvertement cette initiative. Leur porte-parole a estimé que les dix-sept nouveaux venus étaient condamnés à disparaître, soulignant le faible nombre de femelles capturées et la mortalité enregistrée lors des opérations de capture, avec quatre décès supplémentaires.

Les opposants au projet estiment que le massif vosgien n’offre plus les conditions de quiétude nécessaires à la survie de l’espèce. Ils pointent du doigt le développement touristique, la réouverture précoce de la route des Crêtes et divers aménagements qui perturbent ces oiseaux particulièrement sensibles au dérangement. Selon eux, les fonds publics consacrés à ce programme seraient mieux employés à restaurer la naturalité du territoire.

Sur le plan juridique, plusieurs recours ont été déposés depuis 2024 pour contester les arrêtés autorisant ces réintroductions. La justice administrative a jusqu’à présent validé ces textes. Fin avril, les associations ont adressé une demande préalable au parc naturel régional, visant à engager sa responsabilité dans la poursuite du programme. Cette démarche pourrait déboucher sur un nouveau recours devant le tribunal administratif, les associations réclamant l’arrêt des opérations et la reconnaissance d’un préjudice écologique lié à la mort des oiseaux capturés.

Le préfet des Vosges a indiqué qu’un bilan des premières années du programme serait dressé en fin d’année ou au début de l’année prochaine, afin de décider de la poursuite ou non de l’opération. La France compte environ quatre mille cinq cents grands tétras, dont quatre-vingt-dix pour cent dans les Pyrénées, les autres étant répartis dans les Cévennes et le Jura.

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