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Des centaines d’animateurs périscolaires défilent à Paris contre un climat de suspicion jugé étouffant
Plusieurs centaines d’animateurs des écoles parisiennes, en grève depuis une semaine, ont manifesté mardi pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme un climat de suspicion généralisée, dans le sillage du scandale des agressions sexuelles en milieu périscolaire.
Le rassemblement s’est tenu devant la Direction des affaires scolaires, située place de la Bastille, avant de se diriger vers l’Hôtel de ville, où se déroulait le premier Conseil de Paris ordinaire présidé par Emmanuel Grégoire. Depuis le mois de janvier, 78 agents municipaux ont été suspendus dans les établissements scolaires parisiens, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles. Une animatrice titulaire en école élémentaire, témoignant sous un prénom d’emprunt, a estimé que de nombreuses suspensions étaient abusives, tout en précisant que son camp n’avait jamais contesté les mesures prises en cas de suspicions de violences sexistes ou sexuelles sur les enfants.
L’intersyndicale de la filière, qui regroupe sept organisations, prévoyait une mobilisation d’ampleur, avec la fermeture des services périscolaires dans 200 à 300 des 620 écoles de la capitale. L’appel à la grève, lancé le 11 mai et prolongé jusqu’à vendredi, a déjà perturbé le fonctionnement d’environ 300 établissements sur l’ensemble de la période. La mairie, qui avait recensé entre 452 et 628 grévistes la semaine dernière, n’avait pas fourni de chiffres actualisés en fin d’après-midi.
Les syndicats dénoncent l’installation d’un climat de suspicion généralisée et d’arbitraire depuis la mise en œuvre du plan d’action du nouveau maire socialiste contre les violences sexuelles dans le périscolaire, fondé sur une politique de tolérance zéro. Ils regrettent une explosion des suspensions, sans accompagnement des agents ni des équipes concernées. Le maire a justifié ce principe de suspension comme nécessaire tant que les conditions de la confiance ne sont pas reconstruites, tout en annonçant la mise en place d’une convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant. La mairie précise qu’un groupe de travail a été constitué pour mieux distinguer les violences éducatives ordinaires des violences sexuelles lors des suspensions.
Pour l’intersyndicale, les mesures sociales prévues dans le plan d’action, doté de 20 millions d’euros, sont totalement insuffisantes face aux problèmes structurels d’une filière en sous-effectif chronique et précarisée. Sur les 14 000 animateurs, une grande majorité sont des vacataires. Les syndicats réclament des annonces fortes et rapides sur les moyens alloués au périscolaire.
Par ailleurs, Le Parisien a révélé qu’un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles sur mineurs dans une école du 11e arrondissement avait déjà été placé en garde à vue en 2024 pour des faits similaires dans une autre école du 10e arrondissement. Emmanuel Grégoire a reconnu que cet animateur, placé en détention provisoire puis innocenté, avait pu se faire réembaucher, ce qu’il a qualifié d’anormal. Il a ajouté que la ville assumerait ses responsabilités dans ce cas dramatique, tout en assurant que ce type de situation n’était plus possible grâce à une traçabilité désormais maintenue.
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