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Économie

Coopération franco-allemande exemplaire sur le moteur du futur avion de combat

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Le partenariat entre Safran et MTU Aero Engines pour le développement du propulseur du Système de combat aérien du futur (Scaf) fonctionne de manière remarquable, contrastant avec les tensions qui paralysent le projet global.

Le directeur général de Safran, Olivier Andriès, a salué jeudi la qualité de la collaboration franco-allemande autour du moteur destiné au futur avion de combat européen. Ce satisfecit intervient alors que le programme Scaf est freiné par des désaccords persistants entre Dassault Aviation et Airbus. Depuis 2019, Safran et son homologue allemand MTU Aero Engines ont établi une répartition des tâches minutieuse, fondée sur le principe du « meilleur athlète », qui permet à chaque partie de se concentrer sur ses domaines de compétence. Safran assure le développement des parties chaudes et l’intégration du moteur, tandis que MTU Aero Engines prend en charge les parties froides et les services associés.

Interrogé sur le sort de ce moteur en cas d’échec du Scaf, Olivier Andriès a souligné la qualité exceptionnelle de la relation bilatérale. Cette entente dépasse désormais le cadre du seul avion de combat. Les deux industriels ont en effet décidé d’unir leurs forces pour préparer les technologies des futurs moteurs de forte puissance destinés aux hélicoptères. Une éventuelle succession de l’hélicoptère lourd NH90, dont Safran fournit actuellement le moteur, serait ainsi envisagée en partenariat avec MTU Aero Engines.

Le moteur du Scaf est conçu pour offrir des performances inédites. Il doit permettre à l’appareil de générer une poussée élevée en vol supersonique tout en autorisant un vol à basse vitesse sur de longues durées, et contribuer à sa discrétion radar. Sa légèreté et une puissance nettement supérieure à celle du moteur du Rafale devraient autoriser l’emport d’un arsenal plus conséquent.

Lancé en 2017 à l’initiative du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, le Scaf incarne l’ambition d’une défense européenne unie face à une Russie hostile et à un engagement américain jugé moins fiable. Ce projet, auquel l’Espagne s’est jointe en 2019, souffre toutefois de dissensions entre Dassault Aviation, représentant la France, et Airbus, mandaté par l’Allemagne et l’Espagne. Une médiation est actuellement en cours pour tenter de rapprocher les positions des deux industriels et relancer le programme.

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