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Cocoland, la résurgence d’un site de chat qui inquiète les autorités

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête après la réapparition en ligne de la plateforme de discussion, fermée en 2024 et déjà mise en cause dans plusieurs affaires criminelles.

La plateforme de discussion Coco, fermée en juin 2024 pour avoir été le théâtre de nombreuses infractions, refait surface sous le nom de Cocoland. Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée à l’unité nationale cyber de la gendarmerie, après que la haute-commissaire à l’Enfance a dénoncé ce retour comme une défaillance collective face à la pédocriminalité. L’association Face à l’inceste a salué cette initiative tout en déplorant que le site demeure accessible sans aucune vérification d’âge ni modération.

Accessible à l’adresse « cocoland.info », le site conserve le même design kitsch que son prédécesseur, avec des noix de coco en fond d’écran et une promesse de tchat gratuit. L’avocat du fondateur italien Isaac Steidl a affirmé que son client n’est en rien lié à cette nouvelle version. Avant cette résurgence, les investigations sur la plateforme originale étaient déjà bien engagées. Coco, immatriculé à l’étranger, avait été fermé en juin 2024 après avoir été considéré comme un repaire pour des prédateurs et impliqué dans des guet-apens homophobes.

Isaac Steidl a été mis en examen en janvier 2025 à Paris pour complicité de trafic de stupéfiants, de détention et diffusion d’images pédopornographiques, de corruption de mineur en ligne et d’association de malfaiteurs. Son avocat a qualifié ces poursuites d’injustes et juridiquement infondées. L’enquête, ouverte en décembre 2023, couvre des faits commis entre 2018 et 2024. Selon le parquet de Paris, entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024, plus de 23 000 procédures judiciaires liées à la plateforme ont été enregistrées, impliquant 70 parquets sur tout le territoire et touchant 480 victimes.

Pour accéder à coco.gg, il suffisait de fournir son genre, son âge et son code postal, sans aucun contrôle. Ce site a été au cœur de plusieurs affaires, dont le procès des viols de Mazan, où Dominique Pelicot avait recruté des hommes via la plateforme pour violer sa femme. La haute-commissaire à l’Enfance a rappelé que ces sites exploitent toutes les failles pour cibler des proies, notamment des enfants, et facilitent des actes graves tels que des viols, des trafics de drogue et de la traite humaine. Elle a promis de traquer et de harceler ces plateformes sans répit.

D’autres sites inquiètent également les associations, notamment des forums où des hommes échangent des conseils pour droguer et violer leurs conjointes. La Fondation des femmes et l’association M’endors pas, cofondée par la fille de Gisèle Pelicot, ont demandé à la justice française d’ouvrir une enquête sur ces plateformes, accessibles depuis la France. Une enquête de CNN avait révélé en mars l’existence de telles plateformes, dénoncées comme une « académie mondiale du viol », avec des milliers de vidéos dédiées aux femmes endormies ou droguées à leur insu.

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