Politique
Canicule, divisions et peur du pire chez les écologistes à Grenoble
La menace d’une extrême droite au pouvoir hante les débats des journées d’été. Entre Mélenchon et Glucksmann, le camp vert ne sait plus où donner de la…


La menace d’une extrême droite au pouvoir hante les débats des journées d’été. Entre Mélenchon et Glucksmann, le camp vert ne sait plus où donner de la tête.
Le décor est lourd, entre orages et chaleur écrasante. Mais à Grenoble, ce qui pèse le plus sur les militants écologistes réunis pour leurs journées d’été, c’est une autre tempête. Celle de la présidentielle qui s’annonce et du spectre d’une extrême droite au pouvoir. Dans les allées, les sourires sont rares et les discussions vont bon train.
Christian Metairie, 73 ans, résume l’état d’esprit général. Il n’y a que des mauvaises solutions sur la table, lâche-t-il. Faut-il se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, comme le pousse Sandrine Rousseau ? Ou suivre Raphaël Glucksmann, que Yannick Jadot voit d’un bon œil ? Pour l’ancien maire d’Arcueil, le dilemme est intenable. Se rallier à l’un ou à l’autre reviendrait à acter la désunion et la défaite. Il mesure l’angoisse de tous ceux qui pensent au risque d’extrême droite. Mais il refuse de trancher. Il y a un rejet très fort des deux candidats chez les Écologistes, constate-t-il, même si certains rejettent l’un plus que l’autre. Lui-même avoue avoir beaucoup de mal avec Jean-Luc Mélenchon, ses déclarations antisémites, son soutien aux dictateurs d’Amérique du Sud. S’il était au second tour, il aurait du mal à voter pour lui. Alors, même s’il sait qu’une candidature écologiste ne gagnera pas, il ne l’exclut pas. De toute façon, il n’y aura que des candidatures de témoignage, dit-il.
Alima, 60 ans, partage cet espoir d’un sursaut. Mais elle ne mâche pas ses mots. La gauche la plus bête du monde, déplore cette militante d’Argenteuil qui préfère garder l’anonymat. Elle rêve d’une candidature de rupture et d’une union la plus large possible. Pourtant, personne ne trouve grâce à ses yeux. Pas même Jean-Luc Mélenchon, avec son ego surdimensionné. Ni Marine Tondelier, qu’elle juge trop dans le système.
Certains voient pourtant dans la cheffe écologiste la candidate idéale. Adrien Potocnjak-Vaillant, artiste de 41 ans, est de ceux-là. Il est persuadé que son parti se dirige vers une candidature autonome. On est en train de prendre le leadership à gauche, assure-t-il, même si ce n’est pas encore dans les urnes. Pour lui, il faut s’émanciper des autres forces. La victoire de Jean-Luc Mélenchon serait un danger, à cause de son soutien aux dictateurs d’Amérique du Sud, de ses déclarations antisémites et du déni démocratique dans ses rangs.
Aurore Barbier, 27 ans, voit les choses autrement. Pour elle, les défauts de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas insurmontables. La priorité, c’est le quotidien des Français, trop malmené. Cette militante parisienne, arrivée chez les Écologistes avec la vague Tondelier en 2024, pousse pour un dialogue de fond avec la France insoumise. Quant à Raphaël Glucksmann, elle l’écarte d’office. Trop néo-libéral, trop éloigné de la gauche qu’elle porte. Oui, une candidature écologiste la ferait rêver, mais il faut faire avec la réalité.
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