Politique
La famille, nouvelle cible des économies, et ça ne passe pas
Un rapport commandé par le gouvernement propose de couper jusqu’à 4,2 milliards d’euros dans les aides aux familles. Syndicats et associations montent au…


Un rapport commandé par le gouvernement propose de couper jusqu’à 4,2 milliards d’euros dans les aides aux familles. Syndicats et associations montent au créneau pour défendre un système qu’ils jugent indispensable.
La pilule ne passe pas. La CGT et Familles de France ont pris la parole pour dénoncer des pistes d’économies contenues dans un rapport remis au ministre Sébastien Lecornu. Ce document, rédigé par l’Inspection générale des affaires sociales et celle des finances, suggère de réduire les dépenses liées aux politiques familiales. À court terme, cela représenterait près de 2,5 milliards d’euros. Sur le long terme, le montant grimperait à 4,2 milliards.
La CGT ne décolère pas. Le syndicat rappelle que la branche famille de la Sécurité sociale affiche un excédent de 1,2 milliard d’euros. Un excédent qui, selon lui, ne profite pas aux familles. Au contraire, le gouvernement préparerait de nouvelles coupes ou une réorientation des fonds existants. Les parents et les enfants devraient supporter l’addition, dénonce la CGT. Parmi les mesures envisagées, la réduction des APL pour les étudiants ou encore la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Deux décisions qui alourdiraient le coût des études pour de nombreux ménages.
Le syndicat va plus loin. Il pointe une harmonisation à la baisse de certaines prestations, justifiée par l’idée qu’elles profiteraient surtout aux familles les plus aisées. Une logique qui remettrait en cause le principe d’universalité de la Sécurité sociale. Un principe que la CGT dit vouloir défendre sans concession.
De son côté, Familles de France s’inquiète d’une autre mesure évoquée dans le rapport. La majoration de pension de 10% accordée aux parents de trois enfants ou plus pourrait être remplacée par un versement forfaitaire de 125 euros par mois. Une transformation qui ne passe pas. Pour la fédération, les droits familiaux à la retraite représentent une forme de reconnaissance du travail des parents dans l’éducation des enfants et de leur contribution à l’avenir de la société.
Réduire ces droits au nom de la seule recherche d’économies pourrait fragiliser les pensions de personnes dont les carrières ont déjà été marquées par les parcours familiaux. Les femmes, en particulier, restent souvent pénalisées par des périodes d’inactivité et le temps partiel liés à l’arrivée et à l’éducation des enfants. L’organisation demande à l’exécutif de ne pas faire des familles une variable d’ajustement budgétaire. Elle exige aussi que toute évolution des droits familiaux à la retraite ne se traduise pas par une baisse du niveau de pension des parents.
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