Politique
Marine Tondelier sonne le rassemblement de la gauche avant la présidentielle
La patronne des Ecologistes a lancé un appel vibrant à l’union depuis Grenoble, convaincue que la gauche peut encore l’emporter. Face à une extrême droite…


La patronne des Ecologistes a lancé un appel vibrant à l’union depuis Grenoble, convaincue que la gauche peut encore l’emporter. Face à une extrême droite menaçante et des sondages morcelés, elle refuse de voir son camp se déchirer.
Vendredi, devant plusieurs centaines de militants réunis pour les journées d’été de son parti, Marine Tondelier a choisi ses mots avec soin. Elle n’a pas parlé en cheffe de clan, mais en architecte d’une victoire possible. Son message tient en une phrase simple et directe à ses alliés de gauche. Ne perdons pas chacun de notre côté une élection que nous pouvons gagner ensemble. Elle a martelé que la responsabilité de chaque formation est de se mettre au service de quelque chose de plus grand que sa propre organisation.
Le contexte ne joue pas en sa faveur, et elle le sait. À huit mois du scrutin présidentiel, la gauche se présente en ordre dispersé, avec deux figures qui semblent irréconciliables. D’un côté Jean-Luc Mélenchon et ses 15% dans les enquêtes d’opinion. De l’autre Raphaël Glucksmann, le social-démocrate de Place publique, crédité d’environ 10%. Entre les deux, les écologistes eux-mêmes hésitent à choisir leur camp. Certains penchent pour une alliance avec La France insoumise, d’autres pour une candidature autonome ou un soutien à Glucksmann. Marine Tondelier refuse de laisser cette division paralyser son mouvement et continue de croire qu’un chemin de victoire existe encore.
Elle a d’ailleurs adressé une pique à peine voilée à certaines voix écologistes très présentes dans les médias, sans jamais les nommer. Sandrine Rousseau a ouvertement soutenu Mélenchon, Yannick Jadot se dit favorable à Glucksmann. La patronne du parti leur répond que tourner le dos à l’unité sous prétexte de clarification serait une erreur fatale. Céder à l’injonction de choisir un camp dans une gauche qu’on accepterait comme définitivement irréconciliable, cela entraînerait l’éparpillement des voix. Elle refuse que le message de la gauche et de l’écologie aux Français soit réduit à des postures fratricides et promet que les militants trancheront.
Dans son discours, Marine Tondelier a aussi remis l’écologie au centre du jeu. Pas comme une politique parmi d’autres, mais comme la mère de toutes les batailles. La France sort d’un été marqué par une crise climatique d’une ampleur inédite, et la candidate estime que le sujet devrait dominer la campagne. Elle en a profité pour égratigner Emmanuel Macron, photographié pendant ses vacances sur un jet-ski. Une image qu’elle a résumée d’un mot qui claque. De la pétro-masculinité, cet imaginaire où la puissance, la consommation d’énergies fossiles et une certaine représentation de la virilité se confondent.
L’union de la gauche reste donc son combat quotidien. Elle a déjà invité ses homologues à des réunions bilatérales pour parler programme et stratégie, sans grand succès jusqu’à présent. Mais elle insiste. Chacun de nos partis détient une partie de la solution pour vaincre l’extrême droite. Et il n’est pas trop tard. Reste à savoir si ses partenaires entendront l’appel avant qu’il ne soit vraiment trop tard.
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