Monde
Cameroun. Tensions post-électorales et condamnations internationales

Le gouvernement reconnaît des pertes humaines après la réélection de Paul Biya, tandis que l’Union européenne et l’Union africaine expriment leur inquiétude face aux méthodes employées pour contenir les protestations.
Les autorités camerounaises ont officiellement fait état de décès survenus lors de mouvements de contestation suivant la proclamation des résultats de l’élection présidentielle. Cette admission intervient dans un contexte de vives critiques de la part d’instances internationales, préoccupées par la rigueur de la réponse sécuritaire. Le ministre en charge de l’Administration territoriale a évoqué des rassemblements non autorisés ayant conduit à des pertes humaines et à des dégradations matérielles, sans fournir de décompte exact des victimes ni de calendrier détaillé des événements.
Un calme relatif s’est installé dans les principales agglomérations du pays, après une journée marquée par des heurts localisés. Plusieurs villes ont été le théâtre de destructions et de pillages ciblant des bâtiments publics ainsi que des établissements commerciaux. Le ministre a imputé ces actes à l’opposition, menaçant de poursuites judiciaires son principal dirigeant.
L’Union européenne a exhorté les pouvoirs publics à faire preuve de transparence et à établir les responsabilités concernant l’usage de la force. De son côté, l’Union africaine a appelé au dialogue tout en saluant la réélection du chef de l’État. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avait préalablement exigé l’ouverture d’enquêtes sur ces épisodes violents.
Le président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a été proclamé vainqueur du scrutin avec un score inférieur à ceux enregistrés lors de ses précédentes réélections. Son adversaire principal a dénoncé des irrégularités, suscitant un mouvement de protestation inédit, particulièrement parmi la jeunesse.
Des observateurs politiques estiment que la légitimité du nouveau mandat présidentiel pourrait être affectée par ces contestations. Ils recommandent l’ouverture urgente de médiations pour prévenir toute aggravation de la situation. Si les manifestations sont demeurées circonscrites, la tension persiste dans plusieurs régions, où les établissements scolaires restent fermés et où la population hésite à reprendre le cours normal de ses activités.
À Douala, des sources non officielles font état de plusieurs morts, sans que ces informations n’aient été confirmées par les autorités. Les forces de l’ordre maintiennent un dispositif de sécurité important dans les zones sensibles, tandis que des arrestations ont été opérées parmi des personnes suspectées d’avoir participé aux troubles.

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