Monde
Amsterdam bannit les fatbikes électriques du Vondelpark pour cause d’insécurité


La municipalité d’Amsterdam a instauré une interdiction ciblée des fatbikes dans le Vondelpark, l’un des espaces verts les plus fréquentés de la capitale néerlandaise, face à une explosion des plaintes et des accidents impliquant ces vélos électriques.
Le nombre de réclamations concernant ces engins à pneus surdimensionnés, très prisés des jeunes, est passé d’une vingtaine il y a quelques années à plus de deux mille aujourd’hui, selon Melanie van der Horst, adjointe au maire d’Amsterdam à l’origine de cette mesure. Une pétition dénonçant des « cyclistes agressifs en fatbike » a recueilli 2 400 signatures, évoquant des trottoirs transformés en pistes de course et un sentiment croissant d’insécurité.
Le Vondelpark, situé dans le sud-ouest de la ville, a été choisi en raison des nuisances signalées et de sa fréquentation dense mêlant cyclistes, piétons, rollers et touristes novices sur des vélos de location. Si les vélos électriques classiques, limités à 25 kilomètres par heure, avaient déjà perturbé cet équilibre fragile, la municipalité souligne que les fatbikes, souvent débridés illégalement pour atteindre des vitesses de 50 à 60 km/h, constituent un danger bien plus grand. « Imaginez un enfant de 11 ans filant à 50 km/h en ville sur un fatbike lourd et modifié. C’est extrêmement dangereux », insiste Mme van der Horst. « Nous voyons aussi des accidents très graves chez les enfants, avec des lésions cérébrales et des déchirures ligamentaires. Les médecins comparent cela à un accident de moto, tant la violence est grande. »
Pour les habitués du parc, cette interdiction est bien accueillie, mais non sans une certaine réserve. Aleksandar Rankovic, 47 ans, entraîneur de football résidant à proximité, estime que les autorités auraient peut-être dû commencer par restreindre l’âge des conducteurs. « C’est une bonne chose pour le parc et pour ceux qui veulent simplement profiter d’un peu de calme », concède-t-il néanmoins. Tanja Meuris, 27 ans, récemment installée dans le quartier, juge l’interdiction positive, tout en avouant ne pas bien saisir la différence entre un vélo électrique et un fatbike. « J’ai moi-même un vélo électrique, et je trouve qu’il va très vite et peut être dangereux s’il n’est pas bien maîtrisé », explique cette psychologue.
L’interdiction concerne tous les fatbikes à assistance électrique dont les pneus mesurent plus de sept centimètres de large. Introduite le 11 mai, elle sera strictement appliquée avec une amende de 115 euros pour les personnes de 16 ans ou plus et de 57,50 euros pour les enfants de 12 à 15 ans. Les moins de 12 ans ne seront pas verbalisés, mais leurs parents ou responsables seront avertis. La municipalité surveillera les effets de cette mesure, qui pourrait être étendue. « Nous n’avons jamais rien vu de tel auparavant. Pour protéger les jeunes, je souhaiterais vivement une législation nationale », déclare l’adjointe van der Horst. Pour l’instant, seule la ville d’Enschede, dans l’est du pays, a introduit une interdiction similaire dans son centre-ville en mars. « Je préférerais simplement que les enfants, surtout les plus jeunes, ne puissent plus rouler sur ces vélos », conclut-elle.





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