Monde
Rougeole aux États-Unis, plus de 5 000 cas et huit morts dans un pays qui l’avait éradiquée
La rougeole frappe les États-Unis à un niveau inédit depuis 35 ans, avec 5 182 cas confirmés depuis le début de 2026 et huit décès, dont de très jeunes…

La rougeole frappe les États-Unis à un niveau inédit depuis 35 ans, avec 5 182 cas confirmés depuis le début de 2026 et huit décès, dont de très jeunes enfants. La quasi-totalité des malades n’étaient pas vaccinés, et le pays s’apprête à perdre son statut d’élimination de la maladie.
Le seuil est symbolique autant que sanitaire. Avec 5 182 cas confirmés depuis le début de 2026, les États-Unis vivent leur pire année de rougeole depuis 35 ans. Un retournement pour un pays qui avait officiellement éliminé la maladie en 2000 grâce à la vaccination. La résurgence s’est accélérée à partir de 2025, et l’organisation panaméricaine de la Santé, une branche de l’OMS, doit réévaluer la situation dès la semaine prochaine. Les spécialistes s’attendent à ce que le pays perde son statut de territoire ayant éliminé la rougeole.
L’épidémie a démarré au Texas en 2025 et continue de progresser. Depuis l’an dernier, plus de 7 000 cas et 11 décès ont été recensés dans plus de 45 États. Des chiffres probablement en dessous de la réalité. Paul Offit, pédiatre infectiologue en Pennsylvanie, estime qu’il y a sans doute au moins 10 000 cas dans le pays. La rougeole se manifeste par de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées. Elle peut aussi provoquer des complications lourdes, comme une pneumonie ou une inflammation du cerveau, avec des séquelles graves et parfois la mort.
Le vaccin est obligatoire aux États-Unis, mais les familles peuvent y échapper en invoquant des motifs religieux, voire philosophiques, dans une grande partie du pays. Ces dérogations ont explosé après la pandémie de Covid-19, portées par la désinformation sur les vaccins et la défiance envers les autorités sanitaires. Robert Kennedy Jr, ministre de la Santé, relaie depuis des années de fausses informations sur le vaccin contre la rougeole et a minimisé à plusieurs reprises la dangerosité de la maladie, allant jusqu’à douter de l’attribution de certains décès récents.
Paul Offit ne mâche pas ses mots. Il accuse l’administration de Donald Trump d’inaction face à une crise qu’elle a contribué à créer. « Ils sont très doués pour convaincre les gens que les vaccins sont dangereux. Tellement doués que nous voyons aujourd’hui des enfants mourir, et la question qui se pose est de savoir combien d’enfants doivent encore mourir avant qu’on ne réalise qu’on fait quelque chose de mal », lance-t-il.
Adam Ratner, autre pédiatre spécialiste des maladies infectieuses, rappelle que ces morts auraient pu être totalement évités. Il s’inquiète aussi de la suite. La rougeole, extrêmement contagieuse, n’est selon lui que le premier signal d’une baisse des taux de vaccination. Il s’attend à voir exploser les cas de coqueluche et de varicelle dans les années à venir. Et il prévient que le fardeau de ces maladies retombera sur les enfants, qui ne sont pas ceux qui prennent les décisions.
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